Prix à la pompe : Roland Lescure appelle les distributeurs de carburants à « corriger les anomalies » et à faire des propositions

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le ministre de l'Économie Roland Lescure a dit mercredi "souhaiter" que les distributeurs de carburants, qu'il réunira jeudi matin, "corrigent les anomalies" dans les prix quand il y en a et "fassent des propositions" pour atténuer les effets de la guerre au Moyen-Orient.

« Faites jouer la concurrence »

"Aujourd'hui, le prix de l'essence, globalement, il a monté d'à peu près 15 centimes. Le prix du gasoil, lui, il a monté de près de 30 centimes et il est aujourd'hui à 2 euros. Mais un certain nombre de distributeurs sont au-delà et même bien au-delà", a souligné le ministre sur BFMTV-RMC.

"Aujourd'hui, vous avez 60% des stations-service dans lesquelles le gasoil est à 2 euros ou moins. Et donc, faites jouer la concurrence", a-t-il dit à l'adresse des consommateurs, ajoutant convoquer les distributeurs jeudi à 9h45 pour "corriger les anomalies".

"Je souhaite aussi qu'ils me fassent des propositions", a-t-il poursuivi, soulignant qu'"il y a eu dans le passé des distributeurs qui se sont engagés dans des campagnes à prix coûtant, dans des campagnes de plafonnement".

Sur franceinfo, Michel-Edouard Leclerc a annoncé mercredi "à peu près 30 centimes de baisse par litre" de carburant à la pompe d'ici vendredi, suivant une baisse des cours du pétrole entamée mardi après des jours de hausse.  "Au fur et à mesure que les stations sont réapprovisionnées", cette baisse doit avoir lieu "dans les centres Leclerc, dans les Système U, probablement dans les Intermarchés, les Carrefour", a-t-il expliqué, tout en prévenant que le prix de l'essence allait encore "faire du yoyo" en fonction des soubresauts géopolitiques.

10 % qui vendent leur gazole au-delà de 2,30 euros

Roland Lescure se dit "dans une logique de collaboration" mais souhaite que "les brebis galeuses (dans le camp des distributeurs, NDLR) rentrent dans le rang". "Sur les 10% par exemple qui aujourd'hui vendent leur gasoil au-delà de 2,30 euros, on a besoin d'explications, on a besoin d'engagements, on a besoin de correction (...), sinon il faudra qu'on envisage d'aller plus loin", a-t-il dit.

Bercy avait déjà réuni jeudi dernier les distributeurs de carburant pour "s'assurer" qu'ils ne pratiqueraient pas de hausses exagérées des prix. Un plan de 500 contrôles dans les stations-service mené par la Répression des fraudes (DGCCRF) a été lancé dimanche par le gouvernement, avec comme résultat intermédiaire 6% de sanctions annoncées. Un bilan final est attendu mercredi.

La marge de raffinage en question

"Il n'y a pas 50 possibilités, si on voit que ce ne sont pas les distributeurs (qui profitent de la guerre pour augmenter leurs marges, NDLR), il est possible que ce soient les raffineurs", a pour sa part avancé le ministre des Transports Philippe Tabarot, allant dans le sens des distributeurs, toujours sur franceinfo mercredi matin.

L'association de consommateurs CLCV a de son côté pointé du doigt mercredi "une hausse des marges à plusieurs maillons de la chaîne des carburants" et notamment au stade du raffinage pour le gazole.

Dans ce cas précis, "si la marge de raffinage se situait en moyenne à 13,2 centimes par litre en 2025, elle atteint 25,7 centimes par litre au 6 mars 2026, soit près du double de la moyenne annuelle précédente", note la CLCV dans un communiqué basé selon elle sur des données de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

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