- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Le syndicat France Renouvelables s'inquiète de l'impact sur l'emploi d'un ralentissement du déploiement du solaire et de l'éolien, au moment où le gouvernement s'apprête à publier la feuille de route énergétique de la France qui pourrait se traduire par des ambitions à la baisse.
L'organisation, qui représente plus de 370 acteurs de la filière, estime qu'une trajectoire énergétique marquée par un recul par rapport à ce qui était prévu jusque-là pourrait avoir pour conséquence "la destruction de 30.000 à plus de 40.000 emplois" selon les scénarios retenus, "avec un impact significatif dès la première année".
"L'absence de visibilité (...) pour les filières des énergies renouvelables depuis plusieurs années a déjà des conséquences sur l'emploi. Il y a déjà des plans sociaux qui ont été révélés", a déclaré Mattias Vandenbulcke, délégué général adjoint de France Renouvelables lors d'un point presse.
Le syndicat doit être reçu vendredi par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon en même temps que les autres acteurs des filières des énergies renouvelables le matin, et nucléaire l'après-midi, en amont de la possible publication de la très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans, annoncée pour dans les prochains "jours", selon le gouvernement.
La Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui court jusqu'en 2035, s'achemine vers un ralentissement de l'éolien terrestre et du solaire parce que l'électrification de l'économie - un des leviers pour réduire les énergies fossiles - avance moins vite que prévu, selon le gouvernement.
La PPE s'appuiera sur les scénarios établis par le gestionnaire du réseau à haute tension RTE.
Seuls les scénarios d'électrification de l'économie les plus ambitieux permettraient de préserver l'emploi, avec malgré tout le risque d'"une perte structurelle de compétences et de savoir-faire".
Des objectifs diminués auraient aussi des conséquences sur l'investissement, affirme France Renouvelables: "une PPE sous-dimensionnée aurait un effet direct et immédiat" avec un risque de "décrochage de l'investissement privé" estimé à 2,7 milliards d'euros par an, selon l'organisation.
Les CSE de plusieurs entreprises du secteur (dont APEX Energies, Akuo, Abo Energy, EDF Power Solutions, EDPR France, ENOE, etc.)ont lancé un appel à la mobilisation le 10 février, de 11h à 15h devant l'Assemblée nationale à Paris et devant l'Hôtel de préfecture à Montpellier, "pour dénoncer la multiplication des suppressions d'emplois et l'absence de cap politique clair sur la transition énergétique".
Selon eux, la filière représente 118.000 emplois directs et indirects en France.