- Connaissance des Énergies avec AFP
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Investir massivement dans la neutralité carbone coûterait moins cher au Royaume?Uni que de subir un nouveau choc pétrolier, affirme mercredi dans un rapport le Climate Change Committee (CCC), un organisme indépendant chargé de conseiller l'exécutif britannique.
"Le coût supplémentaire total d'un seul épisode de flambée des prix des combustibles fossiles d'une ampleur comparable à celui de 2022", dans la foulée du début de la guerre en Ukraine, pourrait être supérieur au prix à payer pour atteindre la neutralité carbone en 2050, selon un communiqué du CCC.
Le rapport montre en effet que la trajectoire vers la neutralité carbone est, dans tous les scénarios envisagés, moins chère que la poursuite de la dépendance aux combustibles fossiles - notamment si l'on tient compte des coûts liés aux dommages climatiques.
Les cours des hydrocarbures ont connu une hausse spectaculaire ces derniers jours face aux difficultés d'approvisionnement depuis les pays du Golfe, en raison de la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz à cause de la guerre au Moyen-Orient. Après avoir baissé mardi, ils sont repartis à la hausse mercredi.
Si l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait profité du choc pétrolier de 1973 pour imposer des tarifs records, ses membres redoutent aujourd'hui qu'un baril trop cher ne devienne le meilleur argument pour une transition vers les énergies vertes et le nucléaire.
De fait, l'étude du CCC montre que la facture énergétique moyenne des ménages britanniques pourrait augmenter de 59% en cas de choc similaire à 2022 dans l'hypothèse d'une dépendance élevée aux combustibles fossiles, contre 4% autrement.
"Alors que le monde traverse une nouvelle crise des énergies fossiles, il apparaît plus clairement que jamais que les technologies propres offrent un avenir moins coûteux et plus sûr sur le plan énergétique", a réagi Gareth Redmond-King, du groupe de réflexion Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU).
Grâce à l'éolien, aussi bien terrestre que maritime, le Royaume-Uni est l'un des pays les plus en avance sur les énergies renouvelables en Europe. Mais il reste derrière les pays scandinaves qui tirent une très large partie de leur électricité du vent et des barrages hydroélectriques.
Le gouvernement britannique s'est engagé à ce que les sources de production décarbonées couvrent 100% de la demande en électricité du pays en 2030.