Pas de progrès sur l'inflation aux Etats-Unis, avant la guerre au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les progrès en matière de maîtrise de l'inflation ont marqué le pas en février aux Etats-Unis, avant même que la guerre au Moyen-Orient ne provoque une flambée des prix du pétrole.

L'indice des prix à la consommation a progressé le mois dernier sur un an au même rythme qu'en janvier: +2,4%, selon les données officielles publiées mercredi.

En revanche, sur un mois, l'indice a marqué une légère accélération, à +0,3%.

La guerre au Moyen-Orient ayant éclaté le 28 février, son impact n'est pas reflété dans ces données.

Mais les tensions dans la région avaient déjà commencé à faire remonter les prix à la pompe (+0,8% sur un mois). La tendance était précédemment orientée à la baisse.

Ces chiffres montrent que l'inflation était "relativement tenace" avant le choc sur les prix énergétiques, a observé sur X l'économiste Mohamed El-Erian, professeur à l'école de commerce de Wharton en Pennsylvanie.

La guerre "va conduire à une inflation beaucoup plus élevée en mars", a estimé de son côté Bernard Yaros, d'Oxford Economics.

Selon une analyse de la banque Wells Fargo, "la plupart des ménages consacrent une part relativement faible (moins de 3%) de leur budget directement à l'essence et aux autres produits énergétiques, mais il s'agit de dépenses difficiles à réduire lorsque les prix augmentent".

- "Perturbations temporaires" -

Le sujet est un poil à gratter pour le président Donald Trump.

Le milliardaire républicain a retrouvé la Maison Blanche l'an dernier notamment grâce à la promesse de redresser le pouvoir d'achat des Américains.

Avant les élections de mi-mandat programmées à l'automne, les sondages font état d'un mécontentement croissant concernant le coût de la vie.

Aux Etats-Unis, un gallon (3,78 litres) d'essence coûte désormais 3,59 dollars en moyenne contre moins de trois dollars un mois plus tôt, selon l'association automobile américaine (AAA), qui tient des statistiques de référence.

Un porte-parole de la présidence a présenté mercredi sur X les répercussions de la guerre comme des "perturbations temporaires" à l'issue desquelles l'économie américaine sera encore plus "forte" et l'inflation plus modérée.

Au début du second mandat du responsable républicain, l'inflation avait poursuivi la décélération entamée sous Joe Biden par rapport au pic atteint au printemps 2022 - un legs de la pandémie de Covid-19.

L'indice CPI ne progressait plus que de 2,3% sur un an en avril 2025, période correspondant à l'annonce par le président américain d'un fort relèvement des droits de douane sur les produits importés.

Mais l'inflation s'était de nouveau accélérée dans la foulée, Washington refusant d'y voir une conséquence de ces surtaxes.

Puis la hausse des prix avait à nouveau ralenti depuis la fin d'année dernière, en partie grâce aux prix modérés de l'essence, sans rentrer toutefois dans les clous fixés par la banque centrale des Etats-Unis (Fed).

Celle-ci se réunira la semaine prochaine. La plupart de ses responsables trouvent l'inflation encore trop élevée.

Un statu quo sur les taux d'intérêt est largement anticipé par les marchés financiers.

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