- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le ministre de l'Economie et des Finances Roland Lescure a annoncé vendredi le lancement des consultations sur le futur plan d'électrification de l'économie que le gouvernement entend présenter "avant l'été", pour accélérer la décarbonation du pays.
Le gouvernement a publié jeudi sa très attendue et stratégique feuille de route énergétique (PPE) qui fixe les objectifs de production par sources d'énergie pour les 10 ans à venir, avec une priorité donnée à l'électricité, afin de réduire la dépendance de la France aux importations d'énergies fossiles - gaz et pétrole - qui lui ont coûté 64 milliards d'euros en 2024.
Mais alors qu'en France la consommation électrique stagne à son niveau d'avant-Covid, la PPE mise sur un plan "ambitieux" d'électrification du pays. Autrement dit, faire basculer les secteurs dépendants des énergies fossiles (gaz, pétrole) vers l'électricité: les transports avec les voitures électriques, le bâtiment avec les pompes à chaleur ou l'industrie avec des fours électriques.
"Nous allons dans les prochains jours réunir avec ma collègue Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, les producteurs, les fournisseurs d'électricité, les industriels, les gestionnaires de réseau, les représentants des consommateurs pour savoir concrètement comment avancer rapidement", a déclaré le ministre lors d'un point presse sur la PPE.
Le gouvernement propose de présenter son plan pour l'électrification en mai, selon le document de PPE, en tout cas "avant l'été", selon M. Lescure.
Une échéance choisie "pour que, si besoin, on puisse intégrer dans le projet de loi de finances pour 2027 des mesures d'accompagnement", a expliqué M. Lescure.
"Pour décarboner, il faut passer à l'électrique, d'abord dans l'industrie", a-t-il souligné, en évoquant le cas du sidérurgiste ArcelorMittal, responsable de "13% des émissions de CO2 de l'industrie" française, qui va se doter d'un four électrique pour se verdir.
"Si tous les fours d'Arcelor passent à l'électrique, c'est une demi-tranche (un demi-réacteur, NDLR) nucléaire ou l'équivalent de centaines d'éoliennes en mer dont nous aurons besoin", a-t-il illustré.
Le ministre a aussi souligné que le gouvernement allait "continuer de soutenir" le véhicule électrique "avec le bonus écologique, le leasing social, les incitations au verdissement des flottes professionnelles".
"En 2035, il y aura 7 millions de voitures électriques sur nos routes, cinq fois plus qu'aujourd'hui", dont la consommation électrique globale nécessitera "14 barrages pour les alimenter".
En 2025, ce sont plus de 300.000 nouveaux véhicules électriques qui ont été achetés, une hausse de 12% par rapport à 2024, a-t-il dit.
Après les consultations, des groupes de travail se réuniront entre février et avril.
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