- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Premier ministre thaïlandais a fustigé vendredi les négociants en pétrole pour leurs "profits excessifs", accusant ceux qui stockent du carburant ou le font passer en contrebande à l'étranger d'être responsables des pénuries qui ont fait grimper les prix de manière continue.
« Un facteur majeur des pénuries de carburant »
"Les autorités ont découvert (que les gens) stockent du carburant et des cas de contrebande en vue de le vendre dans les pays voisins", a déclaré le Premier ministre Anutin Charnvirakul, ajoutant que ce problème avait coûté 50 milliards de bahts (1,21 milliard d'euros) au gouvernement.
"Ces actions reviennent à tirer un profit excessif de la hausse des prix du pétrole durant la crise énergétique mondiale", a-t-il déclaré, y voyant "un facteur majeur des pénuries de carburant observées à l'échelle nationale ces dernières semaines".
Des preuves de mise en réserve et de spéculation ont été trouvées, sur terre comme en mer, parmi les négociants pétroliers de grande et de moyenne taille. Selon le Premier ministre, certains envois maritimes ont été volontairement retardés afin que le carburant n'arrive pas à temps, permettant ainsi aux vendeurs d'attendre des hausses des prix de détail.
D'autres cargaisons, pourtant supposées être destinées aux pays voisins, ont été détournées pour être stockées.
Prix records et fonds d'urgence de stabilisation
Plus de 57 millions de litres de carburant qui transitaient par voie maritime ont été signalés manquants dans le sud de la Thaïlande, estime, lui, le ministre de la Justice Rutthaphon Naowarat. Ces accusations interviennent alors que les pays d'Asie du Sud-Est subissent de plein fouet les difficultés d'approvisionnement provoquées par la guerre au Moyen-Orient.
Les prix des carburants en Thaïlande ont atteint des niveaux record, l'essence sans plomb atteignant 57,51 bahts (1,52 €) le litre et le gazole à 47,74 bahts (1,26 €). Au Vietnam, les prix ont également augmenté cette semaine, le prix du gazole se trouvant désormais à 46 200 dôngs (1,56 €) le litre - en hausse de plus de 140% depuis la fin février.
La semaine dernière, Hanoï avait déjà puisé dans un fonds d'urgence de stabilisation des prix du carburant et supprimé les taxes environnementales afin d'atténuer la pression sur les prix.