TotalEnergies réduit encore ses émissions de gaz à effet de serre en 2025

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le géant français TotalEnergies a déclaré jeudi dans son rapport annuel de durabilité qu'il avait encore réduit ses émissions de gaz à effet de serre mondiales en 2025, une tendance liée à la baisse continue de la part du pétrole dans ses ventes.

TotalEnergies publie son rapport à deux mois de son assemblée générale, toujours très scrutée par les défenseurs de la cause climatique.

Il intervient aussi à la fin d'une semaine faste pour TotalEnergies marquée par l'annonce d'un "deal" inédit avec l'administration Trump, actant l'abandon de deux projets d'éoliennes aux Etats-Unis au profit d'investissements massifs dans le pétrole et le gaz américains.

Pétrole et gaz vont rester "très important(s) dans ce parcours de transition" qui sera "graduelle", a souligné Aurélien Hamelle, directeur stratégie et développement durable, lors d'une présentation.

Mais TotalEnergies souligne qu'il est aussi possible de produire "plus d'énergies", avec "moins d'émissions".

La 4e major mondiale indique ainsi avoir augmenté sa production d'énergies de 5% sur un an, et ce tout en ayant réduit sur la période de 2 à 3% ses émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre mondiales en 2025, selon les méthodes de calcul et les périmètres retenus à partir de ses tableaux de comptabilité carbone.

Le total s'élève à 438 millions de tonnes de CO2 équivalent (MtCO2e) ou 451 MtCO2e, selon les chiffres retenus, soit un quart de plus que l'ensemble des émissions de la France sur son territoire. TotalEnergies dit maintenir un objectif à "moins" de 400 MtCO2e, d'ici 2030.

Le britannique Shell, qui a revu à la baisse plusieurs de ses objectifs climatiques au profit du pétrole et du gaz dans l'espoir d'accroître ses bénéfices, a pour sa part présenté des émissions quasi stables en 2025, à 1.142 MtCO2e, selon son rapport annuel.

L'empreinte carbone inclut le dioxyde de carbone (CO2) généré par la combustion de l'essence, du kérosène ou du gaz vendu par TotalEnergies, mais aussi les rejets de méthane - molécule du gaz naturel, puissant gaz à effet de serre qui peut fuir des forages ou des gazoducs et s'échapper directement dans l'atmosphère.

Les émissions dites directes de TotalEnergies, générées par ses opérations d'extraction et de production d'hydrocarbures qu'elle en soit l'opérateur ou non, sont elles déclarées à 42 MtCO2e l'an dernier (-2,3% sur un an).

TotalEnergies explique qu'il parvient à réduire ces émissions directes en investissant dans des "projets pétroliers et gaziers à faibles émissions", qui recourent à des techniques moins polluantes, de l'électricité en partie décarbonée et à la réduction des rejets de méthane.

Pour ces émissions de méthane, il déclare avoir dépassé en 2025 son objectif de réduction de 60% par rapport à 2020, lui donnant une "avance sur sa trajectoire" pour atteindre -80 % d'ici 2030.

Priorité au gaz

Mais l'essentiel de l'empreinte carbone des groupes pétroliers vient essentiellement des émissions dites "indirectes", issues de la combustion des produits fossiles par ses clients, dans leur voiture, leur chauffage, etc.

Chez TotalEnergies, celles-ci se sont élevées au total à 405 MtCO2e en 2025, enregistrant une baisse notable de 2,4% par rapport à l'an précédent.

Ce recul reflète la stratégie de TotalEnergies qui depuis 10 ans réduit la part du pétrole dans ses ventes, au profit du gaz, priorité stratégique du groupe de Patrick Pouyanné, qui investit beaucoup dans le gaz naturel liquéfié (GNL).

L'électricité, autre priorité du groupe, continue de progresser avec une part de 12% de l'électricité éolienne et solaire surtout mais aussi produite dans des centrales alimentées au gaz, fossile donc. Gaz et pétrole représentent encore 86% de ses ventes, ce qui fait dire à l'association Reclaim finance, que TotalEnergies est à "contresens de la transition énergétique".

"L'accord récent avec l'administration Trump pour réinvestir près d'un milliard de dollars dans les énergies fossiles aux Etats-Unis en est un nouveau signe inquiétant", a déclaré Antoine Bouhey, coordinateur de campagne à Reclaim Finance, en citant aussi l'accord pour racheter les centrales à gaz d'EPH, groupe du magnat tchèque Daniel Kretinsky.

Jusqu'en 2030, TotalEnergies prévoit d'allouer les 3/4 de ses investissements annuels au pétrole et gaz, dont 35% dans de nouveaux projets. La part des investissements bas carbone sera comprise entre 20 et 25%, contre un tiers auparavant.

zap-nal/vk

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