- Connaissance des Énergies avec AFP
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A quelques heures de la fin du compte à rebours, Donald Trump s'est résolu mardi à prolonger jusqu'à nouvel ordre la trêve observée avec l'Iran, mais a annoncé maintenir le blocus des ports du pays.
Deux semaines après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, l'Iran avait averti que la trêve arriverait selon lui à échéance dès minuit GMT dans la nuit de mardi à mercredi, tandis que le président américain évoquait mercredi soir, heure de Washington.
Mais plusieurs minutes après minuit GMT, aucun incident majeur n'avait été signalé dans la région.
Invoquant des divisions au sommet du pouvoir iranien, le milliardaire républicain avait annoncé auparavant sur son réseau Truth Social qu'il prolongeait l'arrêt des combats à la demande des médiateurs pakistanais, jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition" visant à mettre fin au conflit.
Pas plus tard que lundi, il avait encore jugé "hautement improbable" une prolongation du cessez-le-feu.
En attendant, le blocus des ports iraniens va se poursuivre, a-t-il souligné mardi.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a salué l'extension du cessez-le-feu.
"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement un terme au conflit", a-t-il écrit sur X.
Le chef de l'ONU, Antonio Guterres, s'est lui félicité de l'annonce et a évoqué une "avancée importante vers la désescalade", selon un communiqué de son porte-parole.
- "Adieu" au pétrole -
Le vice-président JD Vance, qui devait de nouveau mener la délégation américaine lors des négociations, n'est pas parti pour le Pakistan mardi, a confirmé la Maison Blanche. L'Iran refusait en l'état l'envoi d'une délégation à Islamabad.
Avant l'annonce de Donald Trump, Téhéran avait menacé de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.
"Nos voisins du sud doivent savoir que si leur territoire et leurs installations sont mis au service des ennemis pour attaquer la nation iranienne, ils peuvent dire adieu à la production pétrolière au Moyen-Orient", avaient averti les Gardiens de la Révolution.
Avant ces menaces, les cours du pétrole, mis sous tension par le bouclage du détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième de l'approvisionnement mondial, étaient déjà repartis à la hausse, gagnant environ 3%.
L'Iran sait comment "résister aux intimidations", avait prévenu son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, dénonçant le blocus américain des ports du pays, "un acte de guerre et donc une violation du cessez-le-feu".
- Iraniennes menacées? -
Avant d'annoncer l'extension de la trêve, Donald Trump a demandé à Téhéran de "libérer" plusieurs femmes qui seraient menacées d'exécution. Ce serait un "très bon début pour les négociations", avait-il estimé.
L'AFP n'était pas en mesure de confirmer ces menaces d'exécution, ni l'identité des femmes dont le président américain a reproduit les photographies à l'appui de sa demande. L'Iran a démenti toute menace d'exécution les concernant.
A Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi après plusieurs semaines, la vie a repris son cours.
Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans, savoure le répit apporté par la trêve. "Je suis sortie sans me stresser (...) je suis allée dans les cafés, restaurants, ici et là", raconte la jeune femme, rencontrée par l'AFP dans une rue de la capitale.
Mais pour Saghar, 39 ans, interrogée depuis Paris, "il n'y a pas de lumière au bout du tunnel". "La situation économique est horrible" et le pouvoir arrête des gens "pour rien. Les exécutions se multiplient".
Sur l'autre front de la guerre, de nouvelles discussions directes entre Israël et le Liban doivent avoir lieu jeudi à Washington, a annoncé la diplomatie américaine. Comme les premières du 14 avril, elles se tiendront au niveau des ambassadeurs.
Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, que les deux parties se sont accusées de violer.
L'armée israélienne a annoncé mardi avoir frappé une position dans le sud du Liban en riposte à des tirs de roquettes vers ses soldats déployés dans cette région.
Le mouvement pro-iranien a dit pour sa part avoir mené une attaque dans le nord d'Israël en riposte à des violations "flagrantes" du cessez-le-feu.
Selon l'armée israélienne, des sirènes ont retenti dans deux localités du nord du pays après qu'un drone lancé depuis le Liban a été intercepté.
Selon un nouveau bilan officiel, 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.
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