- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les Etats-Unis ont accordé vendredi une nouvelle dérogation pendant quatre semaines à la compagnie pétrolière nationale serbe, sous contrôle russe et visée pour cette raison par des sanctions américaines, dans l'attente d'un accord sur sa reprise par le géant hongrois MOL, a annoncé la ministre serbe de l'Energie.
L'Industrie pétrolière serbe (NIS), qui approvisionne 80% du marché national, est visée depuis début 2025 par des sanctions du ministère américain des Finances, mais elle obtenait régulièrement des sursis, sauf entre octobre et décembre.
Pendant cette période elle avait été contrainte d'arrêter la production dans sa raffinerie de Pancevo, près de Belgrade, à défaut de brut.
Quelques heures avant l'expiration du précédent sursis datant du 23 janvier, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain (OFAC) a délivré une nouvelle licence temporaire à NIS.
"La licence d'exploitation a été prolongée jusqu'au 20 mars pour l'Industrie pétrolière serbe. Ca veut dire que NIS peut continuer à importer du pétrole brut, à le raffiner (...) et à approvisionner le marché", a déclaré la ministre Dubravka Djedovic Handanovic aux médias.
Contrôlée à hauteur de 56% par Gazpom Neft et Intelligence, filières du géant russe Gazprom, la compagnie serbe est visée dans le cadre des sanctions plus vastes contre le secteur énergétique russe, face au refus de Moscou de mettre fin à la guerre en Ukraine.
Le raffinage a repris à la mi-janvier. Parallèlement, les négociations sont en cours entre Gazpom Neft et MOL sur la vente des parts russes dans NIS, exigée par Washington pour lever les sanctions.
L'OFAC avait fixé auparavant au 24 mars le délai pour conclure un accord.
Cette pression des Etats-Unis a eu un impact important sur la Serbie, qui négocie son adhésion à l'Union européenne tout en restant un allié de la Russie, son principal fournisseur de gaz naturel.
La Serbie est l'un des rares Etats européens qui n'a pas imposé de sanctions à la Russie après son invasion de l'Ukraine.
NIS est cruciale pour l'économie serbe : avec ses quelque 13.500 employés, elle a contribué en 2024 avec plus de 2 milliards d'euros à la caisse de l'Etat, soit près de 12% du budget national.
Conséquence des sanctions : la compagnie a enregistré en 2025 une perte de près de 48 millions d'euros, selon son bilan annuel.
La Serbie a vendu en 2008 à Gazprom le paquet majoritaire des actions de NIS pour 400 millions d'euros. Le gouvernement serbe y possède toujours près de 30% des parts et les actionnaires minoritaires environ 14%.
Le président serbe, Aleksandar Vucic, a déclaré fin janvier que la société hongroise était prête à payer entre 900 millions et 1 milliard d'euros pour acquérir des actions contrôlées par les compagnies russes.