Énergies renouvelables : 89 millions d’euros pour NEMO et GEOSTRAS

Énergie thermique des mers et géothermie profonde

Aperçu du projet GEOSTRAS exploitant la géothermie profonde (©FONROCHE Géothermie)

La Commission européenne a dévoilé le 8 juillet les lauréats de son 2e appel à projets du fonds NER300. Ce dernier vise à financer des démonstrateurs innovants dans le domaine des énergies renouvelables et de la capture et du stockage du CO2. Parmi les nouveaux projets sélectionnés(1) figurent 2 initiatives françaises : NEMO et GEOSTRAS.

NEMO : l’énergie thermique des mers en Martinique

NEMO (« New Energy for Martinique and Overseas ») est un projet de centrale pilote exploitant l’énergie thermique des mers. Cette énergie marine consiste à exploiter la différence de température entre l’eau chaude de la surface des océans et l’eau froide des profondeurs pour produire de l’électricité. Un écart de température d’au moins 20°C (gradient thermique) est nécessaire afin d’obtenir un rendement satisfaisant. Cela limite son expérimentation dans des zones intertropicales, comme la Martinique où sera implanté le pilote NEMO. Contrairement à d’autres énergies renouvelables, cette énergie présente par ailleurs l’intérêt d’être non intermittente et prévisible.

NEMO est un projet mené conjointement par Akuo Energy et DCNS. D’une puissance de 16 MW, l’installation flottante pourrait permettre d’alimenter 35 000 foyers en électricité selon les estimations actuelles. Il est prévu de la mettre en service en juin 2018. La subvention attribuée à ce projet par la Commission européenne s’élève à près de 72,1 millions d’euros.

GEOSTRAS : la cogénération géothermique en Alsace

GEOSTRAS (« Géothermie Strasbourg ») est un projet de centrale de cogénération produisant de l’électricité et de la chaleur à partir de la géothermie profonde (entre 2 000 m et 5 000 m en France). Il vise à optimiser la production géothermique par des méthodes « douces » en améliorant entre autres l’architecture du puits. La valorisation des basses températures en surface pour produire de la chaleur constitue un autre enjeu central de ce démonstrateur.

Ce projet en Alsace fait l’objet d’un partenariat franco-allemand entre les entreprises Fonroche, Herrenknecht Vertical et Angers&Soehne. Il vise à atteindre une capacité de 6,7 MW électriques (soit l’équivalent de près de 3 éoliennes terrestres) et de 35 MW thermiques. Notons que cette source d’énergie présente également l’avantage d’être non intermittente et prévisible. Cette centrale pourrait entrer en service en avril 2018. D’ici à 10 ans, la création de près de 8 000 emplois(2) est envisagée dans cette filière. La subvention attribuée à ce projet par la Commission européenne s’élève à près de 16,8 millions d’euros.

Un appel d’offres d’un milliard à l’échelle européenne

Initié dans le cadre du Paquet Énergie-Climat(3), le programme NER300 (« New Entrant Reserve 300 ») a vocation à financer jusqu’à hauteur de 50% des projets européens permettant de lutter contre le changement climatique. Ce programme est lui-même financé par la vente des quotas d’émission de CO2 du marché carbone européen(4). Son périmètre est assez large : technologies renouvelables (bioénergies, solaire à concentration, énergies marines, etc.), réseaux intelligents ou encore capture et stockage du carbone.

Le 2e appel d’offres dont les résultats viennent d’être dévoilés était pourvu d’une enveloppe totale d’un milliard d’euros. Cette somme sera répartie entre 19 projets mis en œuvre dans 12 États membres. La plus importante subvention, s’élevant à 300 millions d’euros, a été attribuée au projet britannique White Rose. Celui-ci vise à capter 90% du CO2 issu de la centrale à charbon de Drax (Yorkshire) et de le stocker sur un site en mer du Nord.

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