Groupe Iberdrola Espagne

Parc d'éoliennes à Sisante, dans le centre de l'Espagne (©Iberdrola)

Définition

Iberdrola est l'un des trois principaux groupes énergétiques espagnols, avec Repsol et Gas Natural Fenosa. Ses principales activités sont la production et le transport d’électricité et la commercialisation d’électricité et de gaz.

Le groupe a été fondé en novembre 1992 par la fusion entre Iberduero et Hidroeléctrica Española (également appelée Hidrola) et est aujourd’hui principalement présent en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Mexique et au Brésil.

Activités

Iberdrola distingue parmi ses activités :

  • les activités libéralisées (production et commercialisation) qui sont soumises à concurrence, en accord avec les directives européennes de libéralisation des marchés de l’électricité et du gaz ;
  • les activités régulées (transport et distribution) qui sont réglementées et contrôlées par un organisme régulateur national : la CNE (Comisión Nacional de Energía, équivalent de la CRE en France).

Production et commercialisation d'électricité

Iberdrola assure la production et la commercialisation d’électricité. Fin septembre 2017, le groupe disposait d´un parc électrique d’une puissance totale cumulée de près de 48 GW(1) (avec des facteurs de charge très différents d'une filière à une autre). Celui-ci est principalement composé de parcs éoliens terrestres, de centrales hydroélectriques et de centrales à gaz à cycle combiné. Parmi les autres installations de production d'Iberdrola, précisons que le groupe exploite 6 réacteurs nucléaires en Espagne.

En 2016, Iberdrola a produit 142,5 TWh d'électricité(2). Au cours des 9 premiers mois de 2017, cette production a atteint 102,5 TWh, dont 38% à partir de centrales à gaz et 37,5% grâce aux filières renouvelables (principalement éolien terrestre).

Commercialisation et stockage de gaz

Iberdrola achète du gaz naturel et le commercialise auprès de clients, principalement en Espagne (près de 900 000 clients domestiques et industriels). Le groupe dispose également d’une capacité de stockage de 2,4 milliards de m3 de gaz aux États-Unis.

Transport et distribution d’électricité et de gaz

Les entreprises distributrices du groupe ont pour objectif la gestion, le développement, l’exploitation et la maintenance des réseaux de distribution dont elles ont la charge. A fin 2016, Iberdrola gère un réseau électrique de plus d'un million de kilomètres de lignes, principalement à moyenne et basse tension (majoritairement au Brésil, en Espagne, aux États-Unis et au Royaume-Uni).

En 1996, la directive européenne de libéralisation du marché de l’électricité a imposé la séparation des activités de production et de transport. Iberdrola a cédé ses infrastructures de transport à REE (Red Eléctrica España, équivalent de RTE en France), le gestionnaire du réseau de transport, au début des années 2000.

En Espagne, Iberdrola Distribución distribue de l’électricité auprès d’environ 11 millions de clients. Au Royaume-Uni, la filiale ScottishPower distribue de l’électricité à près de 3,5 millions de clients.

Autres activités

  • Iberdrola Ingénierie et Construction (unités de production électrique et infrastructures de distribution principalement, le groupe est leader du secteur en Espagne et intervient dans près de 30 pays) ;
  • Iberdrola Immobilier (complexes résidentiels touristiques, des bureaux, navires industriels, centres commerciaux, etc.).
Acteurs majeurs

Les 4 principaux actionnaires d'Iberdrola sont(3) :

  • Qatar Investment Authority (8,5% des parts du groupe) ;
  • Capital Research and Management Company (3,1%) ;
  • Norges Bank (3,0%) ;
  • Blackrock (3,0%).

Le président du groupe est José Ignacio Sánchez Galán depuis 2005.

Iberdrola fait partie des principaux exploitants de parcs éoliens dans le monde, avec notamment Dong Energy, EDF EN, NextEra Energy Resources et Vattenfall(4).

Chiffres clés
  • 46,9 GW : capacité installée du parc électrique d’Iberdrola à fin 2016.
  • 142,5 TWh : production du parc électrique d’Iberdrola en 2016.
  • 229,8 TWh : distribution d’électricité par le groupe en 2016.
  • 29,2 milliards d'euros : chiffre d'affaires du groupe en 2016

L’entreprise emploie 30 591 personnes dans le monde à fin 2016 (332e entreprise mondiale sur ce critère(5)) et commercialise de l’énergie auprès de près de 35 millions de clients.

Zone de présence

Le siège d’Iberdrola est basé à Bilbao.

Le groupe est présent dans plus de 40 pays à travers ses différentes filiales : Iberdrola Portugal, Scottish Power, Iberdrola USA, Elektro (Brésil), etc.

Près de 44% de l’électricité générée en 2016 par Iberdrola est produite en Espagne (62,8 TWh). Citons parmi les principales autres pays où le groupe produit de l’électricité le Mexique (37,6 TWh en 2017), les États-Unis (17,9 TWh) et le Royaume-Uni (13,7 TWh).

La grande majorité de la puissance éolienne installée du groupe se répartit entre l’Espagne (195 parcs éoliens d'une puissance cumulée de 5,8 GW à fin 2016) et les États-Unis (55 parcs, 5,9 GW).

Historique et contexte

En 1901, un groupe d’hommes d’affaires fondent la société Hidroeléctrica Ibéria à Bilbao pour exploiter le potentiel hydroélectrique du nord de l’Espagne. Six ans plus tard, une autre entité est créée pour fournir de l’électricité aux villes de Madrid et de Valence : Hidroeléctrica Española (également appelée Hidrola). Ces deux sociétés entretiennent des liens étroits (Hidroeléctrica Ibéria détient alors 44% des parts d’Hidrola) et produisent alors toutes deux de l’électricité à partir de barrages hydrauliques, comme leur nom l’indique. Le barrage de Ricobayo, première grande centrale hydroélectrique d’Espagne, est construit le long de la rivière Esla et exploité à partir de 1935 par une troisième société privée, Saltos de Duero.

En 1944, Hidroeléctrica Ibéria fusionne avec Saltos de Duero, créant une nouvelle entité : Iberduero. Les années 1950 sont marquées par une forte hausse de la demande en électricité. Iberduero et Hidrola construisent plusieurs grandes centrales hydrauliques et thermiques entre 1957 et 1969. Iberduero ouvre également une première centrale nucléaire en 1971. A la fin de la dictature du général Franco en 1975, le nouveau gouvernement espagnol lance un Plan national pour l’énergie incitant les deux grandes entreprises privées à investir dans la construction de nouvelles centrales nucléaires (une décision sur laquelle le gouvernement reviendra en 1984 face aux coûts importants de construction et à la surcapacité du parc électrique).

En 1985, la société publique Red Eléctrica España (REE) est créée pour unifier les réseaux de transport d’électricité en Espagne. L’entreprise publique Endesa, premier producteur et distributeur d’électricité du pays (encore aujourd’hui), est progressivement privatisée à partir de 1988 dans un contexte de libéralisation du marché électrique européen. Elle est encouragée par le gouvernement à absorber d’autres sociétés pour faire face à la concurrence européenne. C’est dans ce contexte que les groupes Iberduero et Hidrola décident de fusionner en novembre 1992 en créant la société Iberdrola. Endesa et Iberdrola contrôlent alors chacune près de 40% des capacités de production électrique du pays (en majorité des centrales hydrauliques et nucléaires pour Iberdrola).

Alors que la directive européenne de 1996 entérine l’ouverture du marché électrique européen, Iberdrola se développe en Amérique latine. Au début des années 2000, le groupe décide de diversifier son mix de production vers les énergies renouvelables et le gaz naturel et d’intensifier son programme de développement international. Celui-ci se concrétise avec les acquisitions en 2007 de Scottish Power, 4e plus grand fournisseur d'énergie au Royaume-Uni, en 2008 d’Energy East aux Etats-Unis (renommée depuis Iberdrola USA) et en 2011 d’Elektro au Brésil.

Perspectives

Pour poursuivre son développement, à l’international notamment, Iberdrola veut investir massivement dans les centrales électriques au gaz et dans l'éolien terrestre et offshore (Plan 2016-2020).

En France, rappelons qu'Iberdrola s’est associée dans le cadre de l’appel d’offres sur l’éolien offshore à plusieurs entreprises françaises (Areva, Neoen Marine et Technip) au sein d’un consortium appelé « Ailes Marines SAS ». Le groupe a remporté en 2012 l’un des deux projets de parcs éoliens auxquels il était candidat (1er appel d'offres français) : le site de Saint-Brieuc en Côtes d’Armor(6) qui aura une puissance de 500 MW (parc de près de 100 éoliennes).