Groupe Iberdrola Espagne

Parc d'éoliennes à Sisante, dans le centre de l'Espagne (©Iberdrola)

Définition

Iberdrola est le premier groupe énergétique espagnol avec un chiffre d’affaires de 31,6 milliards d’euros en 2011. Ses principales activités sont la production d’électricité et la distribution d’électricité et de gaz. Le groupe a été fondé en novembre 1992 par la fusion entre Iberduero et Hidroeléctrica Española (également appelée Hidrola) et est aujourd’hui présent dans près de 40 pays dans le monde, en particulier en Espagne, en Amérique latine, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Iberdrola est le premier groupe énergétique produisant de l’électricité d’origine éolienne dans le monde, grâce à une puissance éolienne installée totale de près de 13 GW, à fin 2011.

Activités

Iberdrola distingue parmi ses activités :

  • les activités libéralisées (production et commercialisation) qui sont soumises à concurrence, en accord avec les directives européennes de libéralisation des marchés de l’électricité et du gaz ;
  • les activités régulées (transport et distribution) qui sont réglementées et contrôlées par un organisme régulateur national : la CNE (Comisión Nacional de Energía, équivalent de la CRE en France)

Production et commercialisation d'électricité (activité libéralisée)

Iberdrola assure la production et la commercialisation d’électricité. Fin 2011, le groupe dispose d´un parc global de production électrique d’une puissance installée totale de près de 46 GW (contre 16 GW en 2000).

Celui-ci est principalement composé de centrales à gaz à cycle combiné (capacité totale de 13,2 GW), d’éoliennes (13 GW), de centrales hydroélectriques (9,7 GW), de centrales à charbon (4,7 GW) et de centrales nucléaires (3,4 GW).

Iberdrola dispose d'une puissance électrique installée d’origine renouvelable de près de 23 GW à fin 2011 (en incluant la puissance hydraulique), soit près de 50% de la capacité électrique du groupe. Hors centrales hydrauliques, les parcs éoliens dont Iberdrola assure le développement, la construction et l’exploitation, fournissent la quasi-totalité de l’électricité d’origine renouvelable du groupe.

Répartition de la capacité électrique d'Iberdrola par source d'énergie (©2012)

Répartition de la capacité électrique d'Iberdrola par source d'énergie (©2012)

Commercialisation et stockage de gaz (activité libéralisée)

Iberdrola achète du gaz naturel et le commercialise auprès de clients, principalement en Espagne (plus de 781 000 clients domestiques et industriels). Le groupe dispose également d’une capacité de stockage de 2,55 milliards de m3.

Transport et distribution d’électricité et de gaz (activité régulée)

Les entreprises distributrices du groupe ont pour objectif la gestion, le développement, l’exploitation et la maintenance des réseaux de distribution dont elles ont la charge.

A fin 2011, Iberdrola gère un réseau électrique de 237 509 km (majoritairement en Espagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Brésil) de lignes moyenne et basse tension (217 738 km) et de lignes haute tension (19 771 km).

En 1996, la directive européenne de libéralisation du marché de l’électricité a imposé la séparation des activités de production et de transport. Iberdrola a cédé ses infrastructures de transport à REE (Red Eléctrica España, équivalent de RTE en France), le gestionnaire du réseau de transport, au début des années 2000.

En Espagne, Iberdrola Distribución est présente dans 32 provinces et distribue de l’électricité auprès d’environ 10,5 millions de clients. Au Royaume-Uni, la filiale ScottishPower distribue de l’électricité à près de 3,2 millions de clients.

Autres activités

  • Iberdrola Ingénierie et Construction (unités de production électrique et infrastructures de distribution principalement, le groupe est leader du secteur en Espagne et intervient dans près de 30 pays) ;
  • Iberdrola Immobilier (complexes résidentiels touristiques, des bureaux, navires industriels, centres commerciaux, etc.).
Acteurs majeurs

L’entreprise est détenue par 4 actionnaires principaux :

  • ACS (Actividades de Construcción y Servicios) ;
  • Qatar (Qatar Holding) ;
  • Kutxabank ;
  • BFA (Banco Financiero y de Ahorros).

Iberdrola possède des parts de Gamesa (fabricant d’aérogénérateurs), d’Euskaltel (télécommunications), de Medgaz (gazoduc sous-marin entre l’Algérie et l’Espagne) et d’Energías de Portugal (EDP).

Le président du groupe est, depuis 2005, José Ignacio Sánchez Galán.

Chiffres clés
  • 46 GW : capacité installée du parc électrique d’Iberdrola fin 2011.
  • 145,1 TWh : production du parc électrique d’Iberdrola en 2011.
  • 204,9 TWh : distribution d’électricité par le groupe en 2011.
  • 108,4 TWh : distribution de gaz par le groupe en 2011.

L’entreprise emploie environ 33 000 personnes dans le monde et commercialise de l’énergie auprès de plus de 30 millions de clients.

Bien qu’étant le premier groupe énergétique espagnol en termes de chiffre d’affaires, Iberdrola reste le 2e producteur d’électricité en Espagne derrière Endesa (près de 39% de parts de marché contre 34% pour Iberdrola en 2011).

Zone de présence

Le siège d’Iberdrola est basé à Bilbao.

Le groupe est présent dans plus de 40 pays à travers ses différentes filiales : Iberdrola Portugal, Scottish Power, Iberdrola USA, Elektro (Brésil), Electropaz (Bolivie), etc.

Près de 44% de l’électricité générée en 2011 par Iberdrola est produite en Espagne (63,7 TWh). Citons parmi les principales autres zones où le groupe produit de l’électricité : l’Amérique latine (41 TWh), le Royaume-Uni (22,7 TWh) et les Etats-Unis (15,5 TWh).

Près de 90% de la puissance éolienne installée du groupe se répartit entre l’Espagne (5,5 GW), les Etats-Unis (5,1 GW) et le Royaume-Uni (1 GW).

Historique et contexte

En 1901, un groupe d’hommes d’affaires fondent la société Hidroeléctrica Ibéria à Bilbao pour exploiter le potentiel hydroélectrique du nord de l’Espagne. Six ans plus tard, une autre entité est créée pour fournir de l’électricité aux villes de Madrid et Valence : Hidroeléctrica Española (également appelée Hidrola). Ces deux sociétés entretiennent des liens étroits (Hidroeléctrica Ibéria détient alors 44% des parts d’Hidrola) et produisent alors toutes deux de l’électricité à partir de barrages hydrauliques, comme leur nom l’indique. Le barrage de Ricobayo, première grande centrale hydroélectrique d’Espagne, est construit le long de la rivière Esla et opéré à partir de 1935 par une troisième société privée, Saltos de Duero.

En 1944, Hidroeléctrica Ibéria fusionne avec Saltos de Duero, créant une nouvelle entité : Iberduero. Les années 1950 sont marquées par une forte hausse de la demande en électricité. Iberduero et Hidrola construisent plusieurs grandes centrales hydrauliques et thermiques entre 1957 et 1969. Iberduero ouvre également une première centrale nucléaire en 1971. A la fin de la dictature du général Franco en 1975, le nouveau gouvernement espagnol lance un Plan national pour l’énergie incitant les deux grandes entreprises privées à investir dans la construction de nouvelles centrales nucléaires (une décision sur laquelle le gouvernement reviendra en 1984 face aux coûts importants de construction et la surcapacité du parc électrique).

En 1985, la société publique Red Eléctrica España (REE) est créée pour unifier les réseaux de transport d’électricité en Espagne. L’entreprise publique Endesa, premier producteur et distributeur d’électricité du pays (encore aujourd’hui), est progressivement privatisée à partir de 1988 dans un contexte de libéralisation du marché électrique européen. Elle est encouragée par le gouvernement à absorber d’autres sociétés pour faire face à la concurrence européenne. C’est dans ce contexte que les groupes Iberduero et Hidrola décident de fusionner en novembre 1992 en créant la société Iberdrola. Endesa et Iberdrola contrôlent alors chacune près de 40% des capacités de production électrique du pays (en majorité des centrales hydrauliques et nucléaires pour Iberdrola).

Alors que la directive européenne de 1996 entérine l’ouverture du marché électrique européen, Iberdrola se développe en Amérique latine. Au début des années 2000, le groupe décide de diversifier son mix de production vers les énergies renouvelables et le gaz naturel et d’intensifier son programme de développement international. Celui-ci se concrétise avec les acquisitions en 2007 de Scottish Power, 4e plus grand fournisseur d'énergie au Royaume-Uni, en 2008 d’Energy East aux Etats-Unis (renommée depuis Iberdrola USA) et en 2011 d’Elektro au Brésil.

Perspectives

Pour poursuivre son développement, à l’international notamment, Iberdrola a annoncé des investissements de près de 16 milliards d’euros sur la période 2010-2012(1), dont :

  • 5,6 milliards d’euros dédiés aux réseaux électriques ;
  • 5,3 milliards d’euros dédiés aux énergies renouvelables ;
  • 2,4 milliards d'euros pour acquérir la société Elektro au Brésil ;
  • 2,2 milliards d’euros dédiés à la production et la commercialisation d’électricité ;
  • 300 millions d’euros dédiés à d'autres activités.

Quelques projets d’Iberdrola en Europe

En France, Iberdrola s’est associée dans le cadre de l’appel d’offres sur l’éolien offshore à plusieurs entreprises françaises (Areva, Neoen Marine et Technip) au sein d’un consortium appelé « Ailes Marines SAS ». Le groupe a remporté l’un des deux projets de parcs éoliens auxquels il était candidat : le site de Saint-Brieuc en Côtes d’Armor qui aura une puissance de 500 MW (parc de près de 100 éoliennes fournies par Areva).

Au Royaume-Uni : Iberdrola est notamment en charge de la construction de l’un des parcs éoliens offshore les plus grands du monde avec Vattenfall : le parc d'East Anglia Array (à 14 km de la côte est du Royaume-Uni), dont la capacité installée pourrait atteindre 7 200 MW. Iberdrola s’est également associée avec GDF Suez (à travers leur société commune NuGen) pour construire des réacteurs EPR au Royaume-Uni à l’horizon 2025.

En Espagne et au Portugal : Iberdrola souhaite poursuivre le développement de ses infrastructures de distribution (projets de réseaux intelligents à  Castellón et à Bilbao) et de son parc hydroélectrique. Par exemple, le groupe est en charge de la construction de la centrale hydroélectrique d’Alto Támega au Portugal, dont la puissance installée sera supérieure à 1 000 MW.

Dans le reste de l'Europe, l’activité du groupe est essentiellement tournée vers le développement de son parc éolien (ex : construction d’un grand parc éolien de 1 500 MW en Roumanie jusqu’en 2017, etc.).