Qu’est-ce que l’Alliance solaire internationale ?

Centrale solaire

(©Courtesy of First Solar)

L’Alliance solaire internationale est une initiative lancée par l’Inde et la France lors de la COP21 qui vise à « augmenter de manière significative la production d’électricité solaire » dans les 121 pays situés en totalité ou en partie entre les tropiques du Cancer et du Capricorne (des pays en voie de développement pour la grande majorité). Les 121 pays situés entre les 2 tropiques comptaient pour 73% de la population mondiale mais seulement pour 23% des capacités photovoltaïques lors du lancement de l'Alliance solaire internationale.

Le Premier ministre indien avait évoqué son souhait de constituer cette Alliance, appelée « International solar alliance » (ISA) en anglais, dès avril 2015 lors d’une visite en France.

Ambition

Cette Alliance a vocation à constituer une plate-forme de coopération entre ces pays en voie de développement « à fort potentiel solaire » et les pays développés disposant de technologies solaires avancées. Elle se fixe entre autres pour ambition de réduire les coûts desdites technologies et de développer l’innovation et des financements en faveur des pays du Sud.

L’Inde et la France souhaitent notamment développer deux programmes visant à mobiliser plus de 1 000 milliards de dollars d’investissements dans le solaire photovoltaïque d’ici à 2030 et à déployer des applications solaires à usage agricole(1).

Dans leur déclaration de soutien à la création de cette organisation, les pays signataires avaient affirmé vouloir "entreprendre des efforts concertés et innovants dans le but de réduire les coûts de financement et le coût des technologies pour un déploiement immédiat d'actifs solaires compétitifs". "Nous ne pourrons plus accepter ce paradoxe que les pays au plus fort potentiel en énergie solaire ne représentent qu'une faible part de la production d'électricité solaire", avait en décembre 2015 déclaré l'ancien président français François Hollande.

"Nous voulons apporter l'énergie solaire dans nos vies, dans nos maisons en la rendant moins chère, plus fiable, et plus facile à relier au réseau", a déclaré M. Modi, en présence notamment du président français François Hollande, et du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.

L'objectif de l'ISA est d'assurer un transfert de technologies et de faciliter les financements pour développer dans tous les pays à fort potentiel solaire, des capacités de production d'électricité.

En mars 2018, M. Macron s'est joint à une vingtaine de dirigeants venus d'Asie, d'Afrique ou d'Océanie pour lancer officiellement l'Alliance solaire internationale (Asi). "Nous devons lever tous les obstacles et changer d'échelle" pour développer l'énergie solaire, a lancé M. Macron à l'ouverture du sommet de l'Asi, qu'il a coprésidé avec le Premier ministre indien Narendra Modi.

Concrètement

L'objectif de l'Asi est de mobiliser 1 000 milliards de dollars et de développer 1 TW de capacités solaires d'ici 2030.

L'effort français s'élèvera à un milliard d'euros de prêts et de dons au total depuis 2022, a annoncé M. Macron. "L'enjeu de cet engagement, c'est d'aller beaucoup plus vite en utilisant l'argent public pour débloquer les investissements des entreprises privées", a expliqué Rémy Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD).

L'Inde est présentée comme un exemple à suivre car ce pays, troisième pollueur de la planète, veut multiplier sa production solaire par 25 en sept ans, pour la porter à 100 gigawatts (GW) en 2022.

En Inde et dans plusieurs pays d'Afrique comme la Côte d'Ivoire, l'un des acteurs de ce changement est le projet Solar Mamas, qui forme des grand-mères analphabètes à l'installation de panneaux solaires, avec la mission d'électrifier au moins 50 maisons chacune dans leur village.

Solar Mamas se concentre sur les grands-mères car "on est sûr qu'elles ne vont pas partir en ville dès leur formation terminée, mais bien retourner dans leur village et améliorer la vie de leur famille", explique une formatrice. "C'est en éclairant les villages que nous créerons des emplois pour les jeunes qui n'ont qu'une issue, l'immigration", a expliqué à New Delhi Mahamadou Issoufou, le président du Niger, un pays où "le taux d'électrification n'est que de 12%".

Pays membres

L’Alliance solaire internationale prévoit de réunir les pays sur une base volontaire et d’associer des organisations multilatérales, le secteur privé(2) et la société civile. Près de 80 pays avaient participé à l’événement de lancement du 30 novembre 2015 à Paris et environ 35 d’entre eux ont assisté aux réunions de pilotage qui ont suivi en janvier 2016 à Abou Dhabi et en avril 2016 à New York. A l'occasion de la COP22 à Marrakech, une vingtaine de pays ont signé en novembre 2016 l'accord-cadre de l'Alliance solaire internationale. Parmi ceux-ci figurent entre autres le Bangladesh, le Brésil ou le Burkina Faso

En juin 2017, l'Alliance solaire internationale indiquait que 33 pays avaient signé son accord-cadre et que 6 l'avait ratifié : l'Inde, la France et 4 territoires insulaires (Fidji, Maurice, Nauru, Tuvalu)(3). Il est nécessaire que 15 pays ratifient cet accord-cadre pour qu'il entre en vigueur(4)En mars 2018, l'Alliance solaire internationale a été officiellement lancée à New Delhi, en présence d'Emmanuel Macron et d'une vingtaine de dirigeants d'Asie, d'Afrique et d'Océanie.

Le gouvernement indien s’est engagé à abriter le secrétariat de l’Alliance solaire internationale pour une durée de 5 ans (jusqu'en 2021).

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