
Plusieurs évolutions en 2026 restent suspendues à l'adoption du budget.
En attendant le vote d'un budget pour 2026, nous vous proposons une présentation non exhaustive de quelques mesures et évolutions susceptibles de vous concerner en ce début d'année. La rédaction en profite pour vous souhaiter à toutes et à tous une très belle année 2026 pleine d'énergie.
Fin de l'ARENH
C'est une évolution majeure autour de laquelle vous avez pu suivre les débats sur notre site ces derniers mois : l'ARENH, dispositif mis en place en juillet 2011 dans le cadre de l'ouverture à la concurrence du marché de l'électricité en France a pris fin en même temps que l'année 2025. Pour rappel, celui-ci permettait aux fournisseurs « alternatifs » de bénéficier d'une partie de la production nucléaire d'EDF - jusqu'à 100 TWh par an (120 TWh en 2022) - à un prix de 42 €/MWh.
C'est le « VNU » (Versement Nucléaire Universel) qui a succédé à l'ARENH : « dorénavant, tout le nucléaire sera vendu au prix du marché de gros mais des garanties seront données au consommateur qu’en cas d’envolée des prix de gros, le nucléaire sera taxé et le produit de cette taxe lui sera reversé sous forme d’une réduction de sa facture », rappelaient Jacques Percebois et Boris Solier en novembre dernier. Compte tenu des faibles niveaux actuels du prix de gros de l'électricité, aucune redistribution du VNU n'est prévue en 2026.
De nombreux observateurs ont reproché les lacunes du nouveau dispositif et son manque de visibilité pour les industriels ou les ménages quant à la démarche de compensation en cas de flambée des prix de l'électricité.
Fourniture de gaz : forte hausse du montant de l'abonnement
Les ménages français ayant un contrat de fourniture de gaz voient la part abonnement augmenter en 2026 avec la nouvelle méthode de calcul des tarifs de distribution. Concrètement, « l'abonnement annuel augmente de plus de 13 € TTC, passant de 330,80 € à 343,90 € TTC », selon Selectra. Le comparateur souligne que cet impact sera sensible pour les ménages utilisant le gaz uniquement pour l'eau chaude sanitaire et pour qui « la baisse du prix du kWh est trop faible pour compenser l'explosion de l'abonnement ».
Le prix de la fourniture de gaz va par ailleurs être affecté par l'entrée en vigueur de l'obligation de certificats de production de biogaz (CPB), un dispositif visant à accélérer l’intégration du biométhane dans les réseaux français, et par le renforcement des CEE (dont l'impact sur le prix des carburants à la pompe a également fait l'objet de polémiques au mois de décembre).
DPE : un changement important pour les logements chauffés à l'électricité
Le calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) a changé depuis ce 1er janvier 2026, conformément à l'arrêté du 13 août 2025. Ce dernier modifie le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire qui est passé de 2,3 à 1,9.
Cette évolution « permettra d’améliorer le DPE de certains logements chauffés à l’électricité » tandis qu' « aucun logement ne verra son étiquette baisser », rappelle Bercy. Et l'impact est très significatif : cette modification est susceptible de faire sortir de la catégorie de passoire énergétique 850 000 habitations, sur les 5,8 millions de logements classés F ou G au DPE, selon les estimation du gouvernement à l'été 2025.
Tous les DPE ou audits énergétiques édités depuis le 1er janvier 2026 intégreront automatiquement le nouveau coefficient. Ceux édités en 2025 et avant resteront valables et peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur le site internet de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.
Par ailleurs, la loi « Climat et Résilience » rend obligatoire la réalisation d’un DPE pour tous les bâtiments d’habitation collective, à l’échelle du bâtiment, depuis le 1er janvier 2026 pour les copropriétés de moins de 50 lots.
Automobile : aide à l'achat et malus
Le bonus écologique avait été remplacé l'an dernier par une prime « coup de pouce véhicules particuliers électriques » qui est reconduite en 2026 pour l'achat des véhicules électriques neufs par les ménages (financée par le dispositif des certificats d'économie d'énergie).
Lesdites aides pour les véhicules électriques pourront atteindre jusqu'à 5 700 € pour les ménages précaires(1), 4 700 € pour les ménages modestes non précaires et 3 500 € pour les autres ménages, selon Bercy. À ces montants peut s'ajouter un bonus additionnel (1 200 € à 2 000 €) pour les véhicules dont la batterie est fabriquée en Europe.
En suspens avant le vote d'un budget pour 2026
Cette année débute, comme l'an dernier, sans loi de finances votée par le Parlement. « Faute d’adoption du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 à ce jour, les mesures qu’il contient, qu’elles soient issues du texte initial ou d’amendements, ne peuvent entrer en vigueur au 1er janvier », souligne le gouvernement dans un communiqué du 30 décembre 2025(2). La loi spéciale a pour unique effet d’autoriser la perception des impôts sans modification du droit, le droit antérieurement en vigueur continuant de s’appliquer.
Parmi les impacts très concrets de cette période d'attente, mentionnons notamment la suspension du dispositif MaPrimeRénov' depuis le 1er janvier. Des incertitudes existent par ailleurs sur l'évolution des taxations sur les produits énergétiques, avec une possible hausse de l'accise sur le gaz prônée dans le cadre des appels à une électrification accélérée.