Rôle du GNL carburant marin et fluvial dans la transition énergétique

  • Source : Association française du gaz

La France doit présenter à la Commission européenne d’ici au 18 novembre 2016 un « cadre national d’action sur le déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs ». Parmi ces carburants alternatifs figurent le GNL (gaz naturel liquéfié) qui constitue le moyen de propulsion d’un nombre croissant de navires : la « flotte GNL » n’était encore que de 75 navires dans le monde à fin 2015 (sans compter les 449 navires méthaniers transportant du gaz sous cette forme) mais elle connaît un développement rapide. Près de 80 navires au GNL sont actuellement en commande pour une mise en service d’ici à 2018.

Dans ce rapport publié le 1er septembre, l’Association française du gaz (AFG)(1) fait état de ses réflexions sur le développement du GNL comme carburant marin et fluvial dans le cadre de la transition énergétique française. L’article 52 de la loi de transition d’août 2015 prévoit en effet que l’État favorise « l’installation de systèmes de distribution de gaz naturel liquéfié […] dans les ports pour les navires et les bateaux ».

L’AFG présente ainsi les différentes possibilités de développement d’infrastructures de « soutage » (approvisionnement en hydrocarbures des navires pour leur propulsion) en GNL dans les 28 ports actifs en France métropolitaine. La chaîne logistique de distribution de ce carburant débutera nécessairement à partir des 4 terminaux GNL dont dispose la France(2). Dans les ports, l’AFG envisage un approvisionnement des navires à l’aide de camions-citernes GNL disposant d’un flexible cryogénique(3) jusqu’à des besoins de soutage de 50 000 tonnes de GNL par an. Au-delà de ces volumes annuels, le développement de navires de soutage spécifiques et de stations satellites à quai pour stocker le GNL pourrait être nécessaire. Cette deuxième solution implique toutefois des investissements bien plus lourds (un navire de soutage de 15 000 m3 coûterait de l’ordre de 50 à 60 millions d’euros).  

A l’heure actuelle, rappelons que la quasi-totalité des carburants utilisés par les navires sont des dérivés du pétrole : les « Heavy Fuel Oil » (HFO) et les « Marine Gas Oil » (MGO)(4). Par rapport à ces carburants, le GNL présente l’intérêt d’éliminer la quasi-totalité des émissions d’oxydes de soufre et de particules fines et de réduire celles de CO2 d’environ 25%. Il est à ce titre présenté par l’AFG comme le plus « propre » des carburants fossiles pour la propulsion marine et fluviale (en attendant l’hydrogène et le stockage d’électricité).

Cet « atout » environnemental sur les carburants existants constitue un argument privilégié pour les paquebots de croisière comme en témoigne le groupe américain Carnival, leader mondial de la croisière, qui a annoncé hier avoir signé une lettre d’intention pour la commande de 3 nouveaux paquebots au GNL (après une commande similaire de 4 paquebots en juin 2015). L’AFG envisage également un développement conséquent de la flotte de grands porte-conteneurs au GNL, qui plus est dans un contexte de renforcement de la réglementation internationale sur les émissions atmosphériques des navires. A l’horizon 2030, l’AFG estime dans ses différents scénarios que 20% à 70% du marché actuel du soutage français pourrait reposer sur le GNL(5).

Lire l'étude  :
GNL carburant marin
Sources / Notes
  1. Site de l’Association française du gaz  
  2. Fos-Tonkin et Fos Cavaou sur le port de Marseille-Fos, Montoir de Bretagne sur le port de Nantes Saint-Nazaire et Dunkerque.
  3. Pour rappel, la température du GNL avoisine - 160°C.
  4. Qui sont principalement constitués de distillats désulfurés.
  5. En 2015, le marché total du soutage en France était de 1,8 million de tonnes, soit moins de 1% de la consommation mondiale.