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Situation énergétique de l'Iran en 2018

  • Source : EIA

Disposant des 2e réserves de gaz naturel et des 4e réserves de pétrole au monde, l’Iran a souffert ces dernières années des sanctions internationales liées à son programme nucléaire. Suite à l’accord conclu à l’été 2015 (aujourd’hui remis en cause par le Président américain Donald Trump), Téhéran a cherché à attirer les investisseurs étrangers pour développer sa production d’hydrocarbures.

Dans cette note de synthèse en anglais, l’EIA américaine (Energy Information Administration) rassemble ses dernières données relatives à la situation énergétique de l’Iran. Elle y présente en particulier tous les chiffres clés liés au pétrole et au gaz naturel, qui comptent pour 98% de la consommation d’énergie primaire de ce pays. Membre fondateur de l’OPEP en 1960, l’Iran a souffert, depuis la Révolution de 1979, des guerres, sanctions, investissements limités et d’une arrivée à maturité de ses champs d’hydrocarbures.

Entre mi-2012 et début 2016, la production iranienne de pétrole a été très fortement affectée par les sanctions internationales, qui ont limité les sources de financement et les débouchés pour les exportations iraniennes. Avec la levée de ces sanctions et la mise en œuvre du Joint Comprehensive Plan of Action début 2016, l’Iran a augmenté sa production de pétrole et d’autres hydrocarbures liquides, qui a atteint 4,7 millions de barils par jour (Mb/j) en 2017 (dont 3,8 Mb/j de pétrole brut)(1).

L’Iran a exporté 2,5 Mb/j de pétrole et de condensats en 2017, principalement à destination de la Chine et de l’Inde (la France comptant pour 5% de ces exportations). Durant l’année fiscale 2016-2017, les exportations iraniennes de pétrole, et dans une moindre mesure de gaz naturel, se sont élevées à près de 57,4 milliards de dollars selon l’EIA, soit 70% de plus que durant l’année fiscale précédente, sous l’effet de la fin des sanctions et de la remontée des cours du pétrole.

L’Iran est également le 3e producteur de gaz naturel au monde (après les États-Unis et la Russie), l’essentiel de cette production étant consacrée à la consommation domestique (sachant que le gaz naturel compte pour les deux tiers de la consommation d’énergie primaire en Iran). Notons que le pays injecte beaucoup de gaz dans ses puits pétroliers pour en améliorer la récupération(2). L’Iran est par ailleurs le deuxième pays au monde (après l’Irak) à « torcher » le plus de gaz (gaz « associé » remontant lors de l’extraction de pétrole), lorsqu’il n’existe pas d’infrastructure pour le capter et le valoriser ou le transporter.

Téhéran a adopté fin 2016 un nouveau contrat pétrolier, l’IPC pour « Iranian (or Integrated) Petroleum Contract »(3), afin d’attirer les investisseurs étrangers. Depuis lors, seuls deux accords ont toutefois été finalisés avec ce contrat : un en juillet 2017 avec Total et la société chinoise CNPC pour développer la Phase 11 du champ gazier de South Pars et un autre en mars 2018 entre la compagnie russe Zarubezhneft, NIOC et Dana Energy pour développer deux champs pétroliers près de la frontière irakienne.

Précisons que la production électrique de l’Iran reposait encore à près de 93% sur le gaz naturel et le pétrole en 2016. Le pays souhaite développer ses capacités électriques, en privilégiant encore le gaz naturel mais aussi les énergies renouvelables et le nucléaire. L’Iran possède à l’heure actuelle un réacteur nucléaire (Bouchehr, 1 000 MW de puissance), en activité depuis fin 2013, et envisage de construire deux tranches supplémentaires, qui pourraient « potentiellement commencer leurs opérations en 2028 au plus tôt » selon l’EIA.

Le pétrole en Iran

La production iranienne de pétrole a rapidement réaugmenté après la levée des sanctions internationales en janvier 2016. (©Connaissance des Énergies, d'après EIA)

Lire l'étude :
L'énergie en Iran
Sources / Notes
  1. Ce niveau de production reste inférieur à celui de 1976/1977 (plus de 5,5 Mb/j).
  2. La consommation de gaz naturel pour la récupération assistée de pétrole a augmenté de 56% entre 2007 et 2017.
  3. Qui succède au buyback contract.