Vers la commande d’une quinzaine de trains à hydrogène en France

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Train à hydrogène en Allemagne

Photo du « Coradia iLint » en circulation en Allemagne. Alstom construira un modèle différent de train à hydrogène pour le marché français. (©Alstom)

Le président de la SNCF Guillaume Pepy a annoncé le 29 août l'intention de l'entreprise ferroviaire de signer un contrat pour « une quinzaine de trains à hydrogène » en France.

Une signature « d'ici à quelques semaines »

Dans un entretien sur BFM TV le 29 août (voir en bas de l'article), Guillaume Pepy a indiqué espérer signer avec Alstom un contrat portant sur une quinzaine de trains à hydrogène « d'ici à quelques semaines, en mettant autour de la table 6 régions moteurs »(1), avec l’aide de l'État. Ces trains régionaux pourraient circuler en France « dans deux ans, à peu près » selon le président de la SNCF.

Guillaume Pepy a souligné l’intérêt des trains à hydrogène pour réduire la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, ces trains « ne rejetant que de l’eau, pas de particules, pas de polluants » en circulation. Pour rappel, la production de l’hydrogène reste toutefois quant à elle fortement carbonée dans la très grande majorité des cas (vaporeformage de combustibles fossiles).

Guillaume Pepy a également cité comme axe de développement les trains hybrides, dans lesquels « on enlève deux moteurs diesel en mettant à la place deux batteries à haute puissance […] qui récupèrent de l’énergie au freinage ». Il a indiqué que la SNCF avait pour ambition de ne « plus (avoir) un seul diesel sur les rails français dans 15 ans », un objectif qu'il juge « extrêmement ambitieux » puisqu'il revient à remplacer ou adapter 20% du matériel roulant aujourd'hui en circulation.

Un train différent de ceux en circulation en Allemagne

Pour rappel, deux trains à hydrogène circulent depuis septembre 2018 en Allemagne et ont déjà roulé près de 200 000 kilomètres selon leur constructeur Alstom. Baptisés « Coradia iLint », ils circulent sur une ligne de 100 kilomètres entre les villes de Cuxhaven et Buxtehude, en Basse-Saxe. Des piles à combustible disposées sur le toit de ces trains génèrent de l’électricité (ainsi que de la vapeur d’eau) à partir d’hydrogène, combiné à l’oxygène présent dans l’air ambiant. Alstom indique avoir reçu 41 commandes de trains à hydrogène pour le marché allemand.

Le train à hydrogène proposé par Alstom pour le marché français sera différent du modèle allemand car les réseaux ferroviaires des deux pays ne sont pas structurés de la même manière : « en Allemagne, les lignes sont soit électrifiées, soit non électrifiées » (les trains à hydrogène ayant vocation à circuler sur ces dernières). En France, des lignes sont en revanche en partie électrifiées et en partie non électrifiées : un train « bimode électrique/hydrogène » sera donc construit par Alstom pour le réseau français (et non « monomode » comme le Coradia iLint). Ce sera une adaptation des trains régionaux Coradia Polyvalent (ou Régiolis) en circulation.

Sources / Notes
  1. Dans le Sud de la France, en Bourgogne-Franche-Comté, dans la région Grand Est, en Normandie et en Pays de la Loire.