Newsletters des énergies

Wattway : pleins phares sur la future « route solaire »

Route solaire

La route solaire Wattway se distingue entre autres des technologies existantes (Solar Roadways aux États-Unis, SolaRoad aux Pays-Bas) par sa facilité d'installation selon Colas. (©Colas-Joachim Bertrand) 

Des panneaux solaires photovoltaïques étaient déjà installés sur les bas-côtés de routes. Ils pourront désormais faire partie intégrante de leur revêtement. Après la piste solaire cyclable installée aux Pays-Bas, une nouvelle « route solaire » a en effet été officiellement présentée mardi par la société française Colas : « Wattway ».

Des cellules photovoltaïques sur la chaussée                             

La route solaire Wattway a été conçue par Colas, filiale du groupe Bouygues spécialisée dans la construction et l’entretien des infrastructures routières, après cinq années de R&D avec l’INES (Institut National de l’Énergie Solaire). Elle est constituée de dalles de 1,7 m de long et de 70 cm de large recouvertes de cellules photovoltaïques à silicium polycristallin. Chaque bloc comporte 36 cellules de 15 cm de côté.

L’épaisseur de ces dalles productrices d’électricité est uniquement de 7 millimètres. Cela ne les empêche pas, selon Colas, de pouvoir résister au passage des plus gros camions car les cellules sont enrobées dans un substrat constitué de résines et de polymères. Cette couche est totalement translucide, ce qui permet de laisser passer la lumière du Soleil et de conserver un rendement proche de celui des fermes photovoltaïques classiques (15% contre 18% à 19% pour les cellules traditionnellement utilisées).

Les dalles peuvent être directement collées sur la chaussée et leur installation ne nécessite donc pas de travaux de génie civil selon Colas qui juge qu’aucun entretien particulier n’est par ailleurs nécessaire. L’adhérence des véhicules ne devrait enfin pas être détériorée sur les futures routes solaires équipées de ces dalles Wattway.

De la toiture à la chaussée : quel intérêt ?

Des panneaux photovoltaïques sont aujourd’hui fréquemment installés sur des toitures d’immeubles afin de couvrir une partie des besoins en électricité de ces derniers (et les rendre, dans certains cas, autosuffisants, voire « à énergie positive »). La pose d’un revêtement photovoltaïque sur la chaussée peut davantage surprendre, d’autant plus si des véhicules perturbent leur exposition au Soleil.

Les dalles Wattway n’ont naturellement pas vocation à être installées sur le boulevard périphérique de Paris mais pourraient apporter leur contribution dans certaines zones à faible ou moyen trafic. Selon Colas, les routes ne seraient en moyenne occupées par des véhicules que 10% du temps.

La production des dalles Wattway pourrait servir à alimenter différents équipements liés aux infrastructures routières (éclairage de la route, panneaux de signalisation lumineux, bornes téléphoniques d’urgence, etc.), être injectée sur le réseau électrique mais aussi apporter une alimentation de secours dans des zones du monde isolées où les coûts de raccordement au réseau électrique sont trop élevés.

La question du coût de production de ces dispositifs reste toutefois sensible. Colas déclare viser un coût de commercialisation autour de 6 euros/watt-crête installé. Mais il reste notamment à préciser la durée de vie du revêtement pour évaluer le coût final du MWh produit, a priori substantiellement plus élevé que dans le cas des unités de production traditionnelles (pour rappel, le facteur de charge du photovoltaïque avoisine 14% en France selon RTE).

Une composante de la « smart city » dans le futur ?

Les dalles Wattway sont actuellement testées à Magny-les-Hameaux dans les Yvelines et seront lancées dans un premier temps sur des sites pilotes de 20 m2 à 100 m2. Elles se distinguent aujourd’hui des autres projets par leur degré de maturité mais c’est leurs applications potentielles qui suscitent le plus d’intérêt.

La production d’électricité des dalles Wattway pourrait par exemple permettre d’alimenter des capteurs mesurant en temps réel l’état du trafic et d’optimiser des flux de circulation. A terme, on pourrait même imaginer que ces routes « connectées » puissent recharger par induction des véhicules électriques

La route solaire dans la « smart city »

La route solaire dans la « smart city » du futur (©Colas)