Avant des pourparlers avec le Liban, Israël dit n'avoir de "problème" qu'avec le Hezbollah

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Avant des pourparlers directs avec le Liban, les premiers du genre depuis 1993, Israël a assuré mardi aspirer à "la paix" et n'avoir de "problème" qu'avec le Hezbollah pro-iranien, qui sera le grand absent des discussions à Washington.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars par le mouvement chiite, en soutien à l'Iran visé par une vaste offensive israélo-américaine.

Et si le front iranien connaît une accalmie depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, le Liban n'est pas concerné par la trêve selon Israël, qui continue de frapper le Hezbollah et ne s'est pas retiré du sud du pays.

"Nous voulons parvenir à la paix et à la normalisation avec l'Etat libanais", a assuré le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar. "Il n'y a pas de différends majeurs entre Israël et le Liban. Le problème, c'est le Hezbollah".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a posé deux conditions aux pourparlers: le désarmement de l'organisation libanaise et la recherche d'un "véritable accord de paix".

Les discussions doivent se dérouler en fin de matinée à Washington sous la médiation du chef de la diplomatie Marco Rubio, avec les ambassadeurs israélien et libanais, Yechiel Leiter et Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa.

Avant même qu'elle ne se tienne, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réclamé l'"annulation" de la rencontre et dénoncé une "capitulation", réduisant les perspectives d'un accord.

Pour Riad Kahwaji, analyste militaire libanais, les négociations vont "renforcer l'isolement du mouvement (Hezbollah) et de ses partisans à l'intérieur (du Liban), et affaiblir la possibilité pour l'Iran de brandir la carte +Liban+ dans ses négociations avec les Etats-Unis".

Depuis début mars, plus de 2.000 personnes ont été tuées au Liban selon les autorités dans des frappes israéliennes, et environ un million de personnes ont été déplacées.

Côté israélien, l'armée a fait état de 13 soldats tués. Et mardi selon la même source, 10 soldats ont été blessés dans le sud du Liban lors d'affrontements avec le Hezbollah dans la ville de Bint Jbeil, où l'armée a lancé un assaut.

- Souveraineté libanaise -

Selon un responsable du département d'Etat, parlant sous couvert d'anonymat, les discussions ont pour objectif "de garantir la sécurité à long terme de la frontière nord d'Israël" et à soutenir la souveraineté du gouvernement libanais "sur son territoire et sa vie politique".

Le président libanais Joseph Aoun a dit espérer la conclusion d'un accord sur un cessez-le-feu, alors que les deux pays sont techniquement en état de guerre depuis des décennies.

A Beyrouth, des Libanais, las des guerres successives avec Israël, disent avoir de l'espoir.

"Nous sommes pour (les négociations) si c'est dans l'intérêt du Liban, si cela résout les problèmes", dit à l'AFP Kamal Ayad, un réparateur de fenêtres de 49 ans. "Nous voulons la paix, pour nos enfants et notre avenir, nous sommes fatigués, nous avons vécu tant de guerres".

L'administration américaine insiste sur le désarmement du Hezbollah. Mais Washington est entre deux feux, exigeant le respect de l'intégrité territoriale du Liban, tout en soutenant le droit d'Israël à se défendre.

"Il sera très difficile de parvenir à un accord, et Israël va créer une zone tampon dans le nord, très similaire à celle que nous avons à Gaza", estime un ancien responsable israélien de la Défense, sous couvert d'anonymat.

Israël prévoit d'établir une "zone de sécurité" dans le sud du Liban, que ses forces ont envahi pour éliminer selon eux la menace du Hezbollah.

Un précédent cessez-le-feu avait été décrété en novembre 2024 mais Israël avait continué de pilonner les zones frontalières.

- Blocus américain -

Parallèlement, le blocus américain des ports iraniens dans le Golfe et en mer d'Oman se poursuit, d'après des modalités floues, après l'échec de discussions entre Washington et Téhéran.

Mais au moins deux navires en provenance de ports iraniens ont traversé le détroit d'Ormuz en dépit du blocus, selon la société de données maritimes Kpler.

Pékin, qui dépend largement de l'Iran pour son approvisionnement pétrolier, a déploré un blocus qui "ne fera qu'exacerber les tensions" et appelé au rétablissement d'une navigation "sans entraves" dans le détroit, stratégique pour le commerce notamment des hydrocarbures et verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, le 28 février.

Une visioconférence doit être organisée par la France et le Royaume-Uni vendredi pour mettre sur pied "une mission défensive" à Ormuz et restaurer la liberté de navigation, selon l'Elysée.

En réponse au blocus américain instauré lundi, Téhéran a dénoncé un acte "illégal" de "piraterie" et averti qu'il s'en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si la sécurité des siens était "menacée".

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