Batteries électriques : le groupe britannique Johnson Matthey va investir près de 230 millions d'euros en Pologne

  • AFP
  • parue le

Le groupe britannique Johnson Matthey a annoncé vendredi qu'il investira près de 230 millions d'euros dans une usine de matières premières utilisées dans la fabrication des batteries de voitures électriques à Konin dans le centre de la Pologne.

L'usine, qui devrait entrer en service en 2021, fabriquera quelque dix mille tonnes d'eLNO (matériau cathodique à haute teneur en nickel) par an, a indiqué Ben Miller, chef d'une autre usine de Johnson Matthey en Pologne, cité par l'agence PAP.

Elle devrait employer dans un premier temps plus de 200 personnes. Le gouvernement polonais lui a accordé une subvention d'environ dix millions d'euros, a indiqué le voïvode (préfet) de la région de Wielkopolska, Zbigniew Hoffmann. L'autre usine polonaise de Johnson Matthey, située à Gliwice, en Silésie, fabrique des catalyseurs.

Le gouvernement de Varsovie affiche pour objectif de faire de la Pologne un pays champion de la voiture électrique. En février dernier, le ministre français de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a annoncé à Varsovie que la Pologne rejoignait la France et l'Allemagne dans une alliance européenne destinée à développer la production de batteries électriques pour faire face à la concurrence de la Chine et des États-Unis.

Commentaires

Bernard Maes

Petite question: Faut-il beaucoup d'énergie pour fabriquer ces matières premières?
Si c'est de l'électricité au charbon, ce n'est pas très malin.
Bernard Maes

Blaizot

C’est même une des raisons de l’implantation en Pologne des usines de batteries et autres matériels nécessaires à la transition. La Pologne est aussi probablement le seul pays européen pouvant fabriquer des panneaux solaires en silicium. Les pays charbonniers ont toujours été des grands pays industriels. Rien de nouveau sous le ”soleil ”!

Thierry de LAR…

Beaucoup de bêtises, de désinformation et d'informations obsolètes circulent sur internet, que ce soit sur les voitures électriques ou sur les photopiles ou sur les éoliennes ou plus généralement sur la transition énergétique renouvelable.
Les données les plus récentes sont pourtant très claires:
- la fabrication des batteries est actuellement descendue à 65 kgCO2éq/kWh stocké grâce aux énormes progrès réalisés dans la R&D et dans les laboratoires de recherche les plus en pointe
- même avec le mix électrique européen (289 gCO2éq/kWh), les calculs montrent qu'une voiture électrique émet moins de gaz à effet de serre qu'un véhicule thermique de même puissance dès le 17157ième km, la différence ne cessant ensuite de s'accroître
- les batteries Li-ion sont d'ores et déjà recyclées à plus de 85%, y compris en Chine
- la part de cobalt dans les électrodes a très fortement diminué en passant de 33% il y a 10 ans à 7% aujourd'hui et est en passe de s'annuler car le cobalt est en passe d'être remplacé d'autres éléments beaucoup plus abondants et propres
- la Suède va inaugurer très prochainement sa gigafactory de batteries Li-ion de Skellaftea, avec un mix électrique bien plus renouvelable et vertueux encore
- les panneaux photovoltaïques sont aussi produits en Norvège (production des barres de silicium) sous licence norvégienne REC et sont extrêmement vertueux sur le plan environnemental, l'électricité norvégienne étant essentiellement hydraulique et éolienne. Résultat: un temps de retour énergétique des panneaux PV de moins d'un an et des émissions de GES très faibles (17,5 gCO2éq:kWh)

Pr Thierry de LAROCHELAMBERT
Institut FEMTO-ST (CNRS-UMR6174), Département Energie

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