Berlin critique une possible levée des sanctions sur le pétrole iranien

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La ministre allemande de l'Économie et de l'Énergie a critiqué jeudi l'esquisse faite par Washington d'une possible levée de certaines sanctions sur le pétrole iranien, initiative visant à faire face à la flambée des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient.

"Il ne peut pas être dans notre intérêt de renforcer, par un assouplissement des sanctions pétrolières, des régimes qui sont synonymes de répression et de terreur, sur le plan intérieur, ou qui mènent à l'extérieur une guerre d'agression en violation du droit international", a réagi Katherina Reiche, visant l'Iran et la Russie, auprès du journal Bild.

"Chaque dollar pour le pétrole russe alimente aussi la caisse de guerre, chaque dollar pour le pétrole iranien stabilise un régime qui est fondamentalement en contradiction avec nos valeurs", a estimé Katherina Reiche.

Le ministre des Finances américain Scott Bessent a déclaré jeudi que les Etats-Unis pourraient lever certaines sanctions sur le pétrole iranien.

Il a précisé que cette détente s'appliquerait uniquement au pétrole iranien déjà stocké en mer sur des navires.

La semaine dernière, un assouplissement temporaire des sanctions prises contre la Russie avait été décidé sur le même modèle. Washington autorise, jusque début avril, la vente du brut russe conservé sur des navires.

Il s'agit d'ajouter au marché pétrolier des millions de barils dans un moment où il en a largement besoin: la guerre au Moyen-Orient prive la planète d'une large partie des exportations habituelles d'hydrocarbures du Golfe.

L'augmentation des prix à la pompe est impopulaire, en particulier aux Etats-Unis, pays très dépendant de la voiture. L'exécutif américain tente donc ces derniers jours de multiplier les mesures visant à atténuer cette hausse.

La flambée des coûts des carburants se ressent particulièrement aussi en Allemagne, première économie européenne déjà confrontée à une crise industrielle tenace et à des tensions commerciales.

Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a dit jeudi avoir chargé ses services d'examiner l'introduction d'une taxe sur les "surprofits " des groupes pétroliers.

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