- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le président bolivien Rodrigo Paz a dénoncé mardi l'existence d'un réseau transfrontalier à l'origine du vol et de l'altération de carburant importé, après des milliers de plaintes de conducteurs pour des moteurs endommagés.
Lors d'une conférence de presse, les autorités ont diffusé des images présentées comme des preuves du détournement de carburant de camions-citernes et de transfert vers des véhicules de moindre capacité, au Chili.
"Ce réseau délinquant qui opère dans plusieurs pays (...) vole du carburant bolivien" et remplace les volumes soustraits par de l'eau et d'autres substances, a affirmé Rodrigo Paz.
Le ministre de l'Intérieur, Marco Antonio Oviedo, a indiqué que ces conclusions résultaient d'une enquête menée avec les autorités chiliennes, ajoutant vouloir étendre cette coopération au Paraguay et à l'Argentine, deux autres fournisseurs terrestres de carburant.
Depuis octobre, ces activités illicites pourraient avoir impliqué quelque 5.000 camions-citernes, pour un total estimé à "environ 150 millions de litres de carburant" altéré, selon le ministre.
Jusqu'ici, le gouvernement attribuait la mauvaise qualité de l'essence à des résidus de rouille présents dans les réservoirs de la compagnie publique YPFB, chargée de réceptionner et distribuer le carburant importé.
La semaine dernière, une grève des chauffeurs de transports publics a paralysé La Paz et la ville voisine d'El Alto, les manifestants réclamant des compensations pour les dommages subis.
Sur les quelque 10.000 demandes d'indemnisation déposées, plus de 4.000 ont été traitées, selon YPFB.
En arrivant au pouvoir en novembre, sur fond de pénurie de carburant, Rodrigo Paz avait promis de résoudre la crise. Si les files d'attente devant les stations-services ont depuis diminué, les inquiétudes persistent parmi les automobilistes.