- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le président brésilien Lula et la compagnie publique Petrobras ont annoncé mercredi la reprise des forages dans la principale réserve terrestre d'hydrocarbures du pays, au coeur de l'Amazonie, après environ une décennie d'interruption.
Luiz Inacio Lula da Silva se dit favorable à l'abandon progressif des combustibles fossiles afin de freiner le changement climatique, mais estime que le Brésil, neuvième producteur mondial de pétrole l'an dernier, a besoin des recettes des hydrocarbures pour financer sa transition énergétique.
"Nous aimons le Brésil, nous aimons Petrobras, nous voulons bien vivre, bien travailler, bien étudier, et cela ne sera possible qu'avec de la croissance économique", a déclaré le président de gauche lors d'une cérémonie officielle dans l'Etat d'Amazonas (nord).
À ses côtés, la présidente de Petrobras, Magda Chambriard, a annoncé 2,5 milliards de réais (environ 500 millions de dollars) d'investissements dans le forage de 22 nouveaux puits dans le champ pétrolier d'Urucu, où la production a débuté il y a une quarantaine d'années.
Il s'agit de la plus grande réserve terrestre (onshore) du Brésil, dont 95% de la production d'hydrocarbures provient de gisements offshore (avec des plateformes situées en pleine mer).
Cela faisait près de dix ans que Petrobras ne forait plus de nouveaux puits sur le site d'Urucu, au coeur de la plus grande forêt tropicale de la planète.
Environ 8% de la production nationale de gaz naturel en 2025 provenait de ce site, essentiel pour fournir de l'énergie à la région nord du Brésil, la plus pauvre du pays.
L'Observatoire du Climat, un collectif d'ONG, a toutefois averti qu'il était essentiel d'éviter que ces nouveaux forages provoquent tout type de "dégradation" environnementale.
"L'idéal serait que l'Amazonie soit déclarée une zone exempte d'exploitation de combustibles fossiles. Nous devons nous battre pour qu'aucune nouvelle frontière ne soit ouverte à cette fin", a affirmé à l'AFP Suely Araujo, coordinatrice de ce collectif.
Lula, qui doit briguer à 80 ans sa réélection à la présidentielle d'octobre, est également favorable à un vaste projet d'exploration pétrolière au large de l'Amazonie.
En novembre, lors de la COP30, conférence de l'ONU que le Brésil a accueillie dans la ville amazonienne de Belem, le président de gauche a appelé les dirigeants mondiaux à présenter une "feuille de route" pour la sortie des énergies fossiles.
Mais son propre gouvernement n'a toujours pas dévoilé la sienne, alors qu'il s'était engagé à le faire au plus tard en février.
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