Carburants : l'enveloppe du plan d'aides « ne suffit pas », selon le patron d'Intermarché

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le plan d'aide de près de 70 millions d'euros annoncé vendredi par le gouvernement pour soutenir les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants "ne suffit pas", a estimé lundi le patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché, Thierry.

« Bonne méthode »

"La méthode qui est prise de traiter le problème à la source est la bonne méthode, mais je pense que l'enveloppe ne suffit pas", a déclaré Thierry Cotillard sur RMC/BFMTV. Le plan, ciblé sur les secteurs de la pêche, l'agriculture et les transports, est limité à ce stade au mois d'avril.

"Si on prend l'exemple de l'agriculteur, ok, ça va payer une partie du gazole, mais il va vous dire que l'engrais qui arrive du détroit d'Ormuz, qui est en train d'exploser en termes de prix d'achat, va lui coûter plus cher. Donc ça va venir prendre sur ses marges", a-t-il illustré.

Thierry Cotillard redoute que la pression inflationniste qui pèse sur "les premiers acteurs de la chaîne alimentaire" ne se répercute "dans quelques semaines" sur les industriels. Ces derniers pourraient, selon lui, venir leur dire "écoutez, Intermarché, Carrefour, Leclerc, je ne peux pas continuer à vous vendre à ce prix-là".

Une « décision politique [...] en septembre » ?

Les négociations sur les prix en rayons entre industriels et grande distribution se sont achevées le 1ᵉʳ mars, avant la hausse des prix liée à la guerre en Iran. Prévues pour fixer les prix en rayon durant le reste de l'année, elles contiennent cependant des clauses de revoyure.

Selon M. Cotillard, "les probabilités de faire actionner les clauses de revoyure sont moindres" qu'après le déclenchement du conflit en Ukraine, car il n'y a "pas un problème sur le coût de l'électricité" ni de "problème sur les matières premières comme le blé qui n'arrivait pas d'Ukraine".

En revanche, si le conflit dure, "il y aura une décision politique à prendre, pas immédiatement, mais probablement en septembre, (...) si les agriculteurs, les routiers et surtout les industriels avaient leurs comptes d'exploitation en danger", a-t-il estimé.

Commentaires

En 2 mots
Le gavage médiatique autour des engrais de synthese est particulierement malhonete. Ce type d'intrant n'apporte quasiment aucun interet économique aux agriculteurs quand on fait la balance financiere entre augmentation de production et cout d'achat / épendage de ces produits.

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