Cordemais : près de 300 personnes rassemblées pour défendre le projet Ecocombust de reconversion de la centrale à charbon

  • AFP
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Quelque 300 personnes, dont le numéro un de la CGT Philippe Martinez, se sont rassemblées jeudi à la centrale électrique de Cordemais (Loire-Atlantique) pour défendre le projet "Ecocombust" de reconversion à la biomasse qu'EDF a décidé d'abandonner en juillet. Le projet Ecocombust "correspond aux besoins du pays, c'est de la production d'énergie qui conjugue les besoins d'énergie et l'environnement. Il se trouve qu'EDF considère que le projet n'est pas assez rentable", a déploré Philippe Martinez.

Le 8 juillet, EDF a annoncé l'abandon d'Ecocombust, un projet de reconversion partielle à la biomasse de cette centrale à charbon, pour des raisons de coût et de retrait de son partenaire Suez. "On veut savoir pourquoi Suez s'est retiré. En tous cas, on a dit au gouvernement, si Suez veut plus, nous on va vous en trouver un autre et il y a des acteurs majeurs de la récupération de déchets qui peuvent être intéressés par ce projet", a indiqué à l'AFP le responsable syndical.

La centrale de Cordemais doit continuer de fonctionner tout au charbon au moins jusqu'en 2024 face aux risques de tension en matière d'alimentation électrique de la région Ouest. Elle sera utilisée "durant les pointes de consommation en hiver, pendant quelques dizaines à quelques centaines d'heures par an tout au plus", avait expliqué le ministère de la Transition écologique en juillet à propos du maintien de Cordemais, malgré l'engagement du président de la République d'en finir avec ce combustible.

Emmanuel Macron avait promis de fermer toutes les centrales à charbon d'ici la fin du quinquennat, un objectif confirmé dans la loi en 2019. Deux des quatre dernières centrales à charbon, combustible le plus nocif pour le climat, ont déjà fermé et une autre doit s'éteindre l'an prochain.

Concernant Ecocombust, "la ministre, malgré sa volonté, a bien été obligée de reconnaître que nos arguments étaient valables et donc doit nous répondre prochainement", a assuré Gwénaël Plagne, délégué syndical CGT d'EDF, évoquant une rencontre la semaine dernière avec la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili.

Quelque 300 personnes, venues de la région mais aussi d'un peu partout en France, ont manifesté devant la centrale, selon la CGT, en présence de personnalités politiques, comme le député LFI Adrien Quatennens et le député PCF Alain Bruneel.

Commentaires

Blaizot

En quoi brûler du bois diminue les émissions de CO2 ? Ellles doivent même être supérieures à celles du charbon

Serge Rochain

@Blaizot
Bruler du bois ne diminue pas les émissions de CO2, mais ne les augmente pas contrairement au charbon.
Explications:
En brulant, le charbon libère le CO2 séquestré depuis des milliers d'années dans ses molécules carbonées.
En première approximation on pourrait croire qu'il en va de même avec le bois. C'est même parfaitement vrai au moment ou l'on brule le bois, sauf que le bois ne libère que le CO2 qu'il a accumulé durant sa croissance et on fait l'hypothèse plus que vrai en France et vrai dans la plupart des pays du monde qu'on replante un arbre pour chaque arbre abattu et brulé. Ce qui fait que cet arbre (ou un autre, et même le plus souvent un autre) va absorber le CO2 émis par celui que l'on brule et cela durant toute sa croissance jusqu'à ce qu'il soit lui-même abattu est brulé..... etc, dans un cercle vertueux.
Cela revient à considérer que c'est toujours le même CO2 qui est absorbé, émis, ré-absorbé, ré-émis.....

LANCIEN Pierre

Cette chasse au CO2 est absurde, coûteuse, et vaine, la vie à besoin de ce gaz ! Quant à son effet de serre énorme c'est un mythe sans fondement physique !

Nicolas

Ah, ce n'est pas si simple car d'une part la quantité de carbone stockée par une plantation d'arbres (coupés à intervalle régulier) est généralement inférieure à une forêt évoluant naturellement et d'autre part la vitesse à laquelle pousse les arbres est assez lente (ce qui est embêtant dans l'optique d'une réduction assez rapide des émissions de CO2).
https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/aaa512/meta

Serge Rochain

La bioénergie n'a pas pour objectif de réduire les émissions de CO2, mais de ne pas les augmenter.
On sait bien la vitesse de pousse des végétaux et globalement on sait que si on brule X m3 de bois dans le temps ou pousse X m3 de bois le solde CO2 est nul quelque soit la durée pendant laquelle il pousse entre deux coupes.

Serge Rochain

Que la vie ait besoin de ce gaz je n'en doute pas, nous avons aussi en tant que mammifères besoin d'oxygène et cela tombe bien car c'est le gaz le plus rependu sur la planète, mais de là à dire, concernant le CO2 qu'il n'est en rien responsable d'un effet de serre aux conséquences catastrophiques il y a une certaine distance. Et je vous trouve bien péremptoire sur le sujet sans apporter la moindre présomption favorable à ce que vous affirmez et contraire à ce qu'en disent les spécialistes ayant étudié les évolutions de température et de la teneur en CO2 à travers les âge qui signalent par exemple :Depuis un million d’années ce taux de dioxyde de carbone (CO2) oscille entre 180 parties par million (ppm) en période froide à 280 ppm en période chaude. Mais entre 1750 et 2019 elle est passée de 280ppm à 410 ppm. La teneur en CO2 a été bien supérieur dans le passé, il y a de cela 35 millions d’années mais les variations s’étalaient sur des centaines de milliers d’années pour les variations les plus brutales et des millions d’années plus généralement comme en témoigne le graphique de la figure 3-10 tiré de la publication «Convergent Cenozoïc CO2 History», Nature-Geoscience, 2011, 4:418-20 de Beerling DJ et Royer DL.
je ne peux malheureusement par reporter le graphe de la superposition des deux courbes de l'ouvrage car cette messagerie ne permet pas le graphisme mais elle est parfaitement convaincante.
Je me permet d'ajouter que ce n'est pas parce que vous ne connaissez pas le fondement physique de la relation entre une quantité accumulée de ce gaz et l'élévation de la température, qu'il n'existe pas.
En deux mots je vous dirais seulement que ce gaz est un filtre passe bande imperméable aux IR en espérant que vous comprendrez ce que cela signifie.

LANCIEN Pierre

Votre réponse est intéressante et assez bien argumentée. Vous montrez un lien entre température et concentration de CO2, il est avéré car la capacité de dissolution dans l'eau augmente quand sa température diminue, la concentration de CO2 est donc la conséquence de la température !
Ensuite la vie nécessite au minimum 100 ppm, on est à 400, l'optimum des plantes est à 1500 environ, la production de celles-ci à augmenté de plus de 20 % en passant de 300 à 400 ppm, une bénédiction et non une calamité !
Le CO2 n'absorbe qu'une fraction du rayonnement IR émis depuis la surface de la terre, et ce spectre est complètement absorbé après quelques centaines de mètres, donc la concentration ne change rien !
C'est la vapeur d'eau qui absorbe le plus les rayons IR, pas le CO2.
C'est pour cela que j'ai fait un un résumé laconique mais exact !

Rochain

Je ne sais pas ce que la vie exige et je ne crois pas que qui que ce soit le sache puisque l'on ne sait pas ce qu'est la vie en dehors d'une définition qui n'est pas autre chose que l'expression avec des mots, une façon de décider ce qu'elle est. En revanche un accroissement ou une décroissance de quoi que ce soit n'est pas une catastrophe ou une bénédiction pour un état de la nature sans tenir compte du délai durant lequel ce phénomène se produit. On sait que les êtres qui peuplent la Terre sont capable de s'adapter par des modification où chaque génération peut y ajouter un petit pourcentage ce qui nécessite du temps sous la forme d'un empilement de génération. Ceci implique que le changement dans l'environnement soit imperceptible au niveau de chaque génération. Le phénomène que nous constatons aujourd'hui n'est que trop rapide car il y a eu pire dans le passé mais étalé sur des périodes bien plus longues sur plusieurs ordres de grandeur.

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