Déplacement de John Kerry en Chine : le premier pollueur mondial en chiffres

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L'émissaire américain John Kerry est attendu mercredi à Shanghai pour des discussions sur le climat. Première visite officielle en Chine de l'ère Joe Biden, elle devrait voir Pékin et Washington mettre leurs différends de côté.

Le voyage de l'ex-secrétaire d'État de Barack Obama (2009-2017) intervient peu après une réunion tendue entre hauts responsables américains et chinois en Alaska, à un moment où les tensions bilatérales sont au plus haut. Toutefois, estime John Kerry, la question climatique doit être "traitée à part" et sa visite se concentrera sur de potentielles coopérations en matière environnementale.

Voici quelques informations à connaître sur la situation de la Chine en matière de climat et d'émissions.

60% de charbon

La consommation annuelle de charbon de la Chine a épousé son fulgurant développement économique : elle a presque quadruplé entre 1990 et 2015. Et 60% de l'électricité reste produite grâce à la combustion de houille.

Le président Xi Jinping s'est toutefois engagé à ce que son pays commence à réduire ses émissions polluantes avant 2030, avant de parvenir 30 ans plus tard à la "neutralité carbone" (c'est-à-dire d'en absorber autant que d'en émettre). Les défis restent cependant grands pour inverser la courbe, dans un pays toujours contraint d'investir dans de nouvelles centrales à charbon en attendant d'étendre son parc éolien, solaire et nucléaire.

La Chine a par ailleurs lancé en février un marché du carbone pour encourager la baisse des émissions -- un système toutefois critiqué pour son manque d'ambition supposé. Le pouvoir considérait il y a peu la neutralité carbone comme un handicap économique, mais "aujourd'hui, le consensus est que c'est une occasion de création d'emplois, de croissance et de transformation de la société", juge Pan Jiahua, de l'Université technologique de Pékin.

Un tiers des émissions mondiales

En 2019, les émissions totales de gaz à effet de serre de la Chine étaient estimées à 13,92 milliards de tonnes, soit le double des Etats-Unis en valeur absolue -- mais avec une population quatre fois supérieure (1,4 milliard de personnes).

Entre 2000 et 2018, les émissions chinoises ont triplé et représentent désormais près d'un tiers (29%) du total mondial.

Le non-fossile à 20%

Le nouveau plan quinquennal chinois (2021-2025), publié en mars, fixe à "20% environ" la part que les énergies non-fossiles (éolien, solaire, hydroélectricité) doivent atteindre dans le bilan énergétique d'ici à 2025. Il s'agit d'une hausse comparée aux 15,8% du plan précédent.

Leader dans l'éolien

La Chine est devenue au fil des années un des leaders des énergies renouvelables, en valeur absolue en tout cas. Selon le Conseil mondial de l'énergie éolienne (GWEC), une association professionnelle du secteur, 2020 a été une année record pour l'éolien dans le pays -- avec 71,7 gigawatts de nouvelles capacités installées.

Selon le cabinet de recherche Bloomberg New Energy Finance, les capacités éoliennes terrestres raccordées en Chine l'année dernière étaient "plus importantes que celles mises en service dans le monde entier en 2019".

Numéro 1 de l'hydroélectrique

La Chine est le plus grand producteur mondial d'énergie hydroélectrique et représente plus de la moitié de la croissance mondiale dans le secteur, selon l'Association internationale de l'hydroélectricité.

L'année dernière, le pays a installé pour 13,23 gigawatts de nouvelles capacités dans l'hydroélectrique, selon l'Administration nationale de l'énergie.

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