- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les États-Unis organisent samedi et dimanche à Tokyo un forum dédié à la "sécurité énergétique" en Asie-Pacifique, réunissant des pays comme la Corée du Sud et les Philippines, avec l'objectif d'accords commerciaux au profit de firmes américaines, sur fond de guerre au Moyen-Orient.
« Domination énergétique américaine »
Coordonné avec le Japon, ce "forum ministériel et commercial" avait été prévu sous l'égide du "Conseil américain pour la domination énergétique", un organisme fraîchement créé et réunissant des ministres et hauts responsables américains, avant même le déclenchement du conflit avec l'Iran qui affecte sévèrement une Asie très dépendante des hydrocarbures du Golfe.
Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a annulé sa venue, mais le ministre américain de l'Intérieur Doug Burgum sera présent dès vendredi à Tokyo, ainsi que de hauts responsables de l'administration Trump, aux côtés d'industriels du pétrole, du nucléaire civil et des minéraux critiques.
Outre le ministre japonais de l'Économie, Ryosei Akazawa, une quinzaine de pays d'Asie-Pacifique seront représentés, avec notamment le ministre sud-coréen de l'Energie Jung-Kwan Kim, et ses homologues de Thaïlande, des Philippines, d'Indonésie et du Bangladesh.
L'objectif selon Doug Burgum : "bâtir des partenariats solides avec nos alliés de l'Indo-pacifique" pour concrétiser la politique du président Donald Trump "en matière de domination énergétique américaine", "accroître les exportations d'énergie des États-Unis" et "contrer les influences coercitives de la Chine et de la Russie".
Selon l'agence Bloomberg, le Japon et d'autres pays représentés devraient annoncer des accords totalisant au moins 30 milliards de dollars avec des entreprises américaines, prenant la forme d'engagements d'achat et d'autres transactions.
Visite de la Première ministre japonaise à Washington
Les engagements que pourrait signer Tokyo interviendront juste avant la visite prévue à Washington la semaine prochaine par la Première ministre Sanae Takaichi, et alors que le Japon a promis aux États-Unis 550 milliards de dollars d'investissements d'ici 2029 en échange d'une modération des droits de douane américains.
"Lorsque l'Amérique exporte son énergie vers ses alliés, le monde devient plus sûr et la vie des populations s'améliore. Dans une région où la demande énergétique devrait connaître la croissance la plus rapide au monde, les États-Unis se tiennent prêts à agir en tant que partenaire fiable", avait insisté M. Wright dans un communiqué en amont.
Or, les pays présents ce week-end au forum voient actuellement leurs approvisionnements d'hydrocarbures bouleversés par la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz: quelque 80% du pétrole et près de 90% du gaz y transitant sont destinés à l'Asie.
Le Japon, quatrième économie mondiale, est le cinquième importateur mondial de pétrole brut, dont environ 95% provient du Moyen-Orient et 70% transitait par le détroit d'Ormuz avant le conflit.
La Corée du Sud, quatrième pays importateur de brut, fait venir environ 70% de ses approvisionnements du Moyen-Orient. C'est le cas de la quasi-totalité des importations pétrolières des Philippines, un quart des importations indonésiennes et la moitié des importations thaïlandaises.