Exportations de gaz russe via l'Ukraine: l'UE a soumis une proposition pour le futur contrat, rendez-vous en mai

  • AFP
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L'Union européenne a soumis lundi une proposition pour le futur contrat régissant les exportations de gaz russe vers l'Europe via l'Ukraine et a donné rendez-vous à ses partenaires pour un nouveau "trilogue" en mai.

Le commissaire européen chargé de l'Énergie, le Slovaque Maros Sefcovic, a rencontré lundi à Bruxelles le ministre russe de l'Énergie Alexandre Novak et le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine, ainsi que les patrons de Gazprom et Naftogaz, pour un deuxième round de négociations afin de trouver un compromis avant la fin de l'année et éviter tout nouveau conflit énergétique.

"J'ai mis une proposition sur la table que les deux parties vont ramener à la maison", a annoncé Maros Sefcovic lors d'un point presse suivant la rencontre. Le commissaire Sefcovic a annoncé qu'une nouvelle réunion au plus haut niveau était prévue au mois de mai, soit après l'élection présidentielle en Ukraine, dont le premier tour se tiendra le 31 mars.

"La Russie joue la montre et attend un changement politique en Ukraine. La prochaine fois qu'ils veulent parler est seulement en mai. Pendant ce temps nous continuerons notre travail conjoint avec l'UE", a réagi Pavlo Klimkine sur Twitter. De son côté, Alexandre Novak a assuré avoir "le temps d'ici la fin de l'année pour s'accorder sur des approches en matière de transit du gaz à partir du 1er janvier 2020", selon le compte Twitter de son ministère.

Trois "paramètres principaux" sont couverts dans la proposition européenne: la durée, les volumes et les tarifs, a expliqué le commissaire qui a toutefois refusé d'en dévoiler les détails avant que ses partenaires aient eu le temps de les étudier.

"Ce que j'ai entendu du ministre russe Novak, et c'était très important, c'est que la Russie est prête à continuer à utiliser l'itinéraire de transit ukrainien et qu'ils sont prêts à coopérer", a encore rapporté M. Sefcovic. Le commissaire a par ailleurs a assuré que "tout (allait) bien" en ce qui concerne l'approvisionnement en gaz de l'UE pour cet hiver.

L'actuel contrat sur le transit expire fin 2019, date à laquelle deux gazoducs contournant le territoire ukrainien doivent entrer en service, le germano-russe Nord Stream 2 et le turco-russe Turkish Stream, ce qui priverait Kiev d'une manne financière conséquente et d'une arme de poids face à la Russie.

Les volumes transitant par l'Ukraine ont été déjà considérablement réduits avec l'inauguration en 2011 du gazoduc Nord Stream 1 qui relie la Russie à l'Allemagne via la Baltique. Les pays de l'UE ont acheté 163 milliards de m3 de gaz naturel à Gazprom en 2017, selon les données publiées par le groupe russe, et environ un tiers des achats transitent par l'Ukraine.

Les premiers pourparlers entre ministres s'étaient tenus en juillet. M. Sefcovic a reconnu lundi que les interprétations divergentes de chacune des parties dans la décision rendue par la cour d'arbitrage de Stockholm en février 2018 dans un litige sur le transit de gaz qui oppose Gazprom à Naftogaz interféraient dans les discussions. "C'est évidemment un des problèmes qui ajoutent des éléments juridiques supplémentaires dans le discussions sur le futur contrat", a-t-il commenté.

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