- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le géant américain des hydrocarbures ExxonMobil a indiqué mercredi dans un document boursier que les perturbations causées par la guerre au Moyen-Orient allaient réduire d'environ 6% sa production mondiale de pétrole au premier trimestre, par rapport au trimestre précédent.
Vers 16H50 GMT, l'action ExxonMobil chutait de 6,27% à la Bourse de New York.
Afin de continuer à livrer les quantités nécessaires à ses clients, le groupe a précisé mercredi avoir décidé d'accroître la production quotidienne du bassin permien - situé entre le Texas et le Nouveau-Mexique, région riche en pétrole et en gaz de schiste - à 1,8 million de barils équivalent pétrole en 2026 (1,6 million en 2025).
Il compte aussi "maximiser la production des raffineries partout où ce sera sûr et faisable" et "optimiser la logistique et le flux du pétrole et ses dérivés".
Précisant que ses actifs au Moyen-Orient génèrent habituellement environ 20% de sa production mondiale d'or noir, le groupe explique également que des attaques menées au Qatar par l'Iran en représailles à l'offensive israélo-américaine lancée le 28 février avaient endommagé deux unités de production de gaz naturel liquéfié (GNL) dans lesquelles il détient une participation.
Ces unités de liquéfaction du gaz ont représenté environ 3% des activités "amont" (exploration et production) d'ExxonMobil en 2025.
La société publique QatarEnergy, partenaire d'ExxonMobil, a fait état de "dégâts considérables" sur le site de Ras Laffan (nord du Qatar) qui pourraient prendre des années pour être réparés.
"Dans l'attente d'une évaluation sur le terrain, nous ne sommes pas en mesure de commenter sur le calendrier de retour à la normale", a indiqué le géant américain mercredi, se réjouissant de la première production de GNL le 30 mars par Golden Pass GNL - coentreprise de QatarEnergy et ExxonMobil - au terminal de Sabine Pass, en Louisiane.
Les exportations doivent commencer au deuxième trimestre.
- Asie-Pacifique affectée -
Par ailleurs, le groupe dispose d'infrastructures de raffinage (activités "aval") et chimiques en Arabie saoudite - également visée par des projectiles iraniens -, représentant environ 5% de sa capacité mondiale.
Le conflit, qui affecte également l'approvisionnement en brut de plusieurs de ses implantations en Asie-Pacifique, devrait réduire la production mondiale de sa branche Produits énergétiques d'environ 2% au premier trimestre, par rapport au quatrième trimestre 2025.
Sans donner un cumul de l'impact financier anticipé pour le groupe, ExxonMobil précise que la hausse des prix du brut aurait un effet positif de 1,9 à 2,3 milliards de dollars au premier trimestre et celle des prix du gaz de 200 à 600 millions de dollars. Les cours des hydrocarbures ont flambé depuis le début du conflit.
Mais la baisse des volumes "Upstream" en conséquence du conflit devrait peser à hauteur de 300 à 500 millions de dollars au premier trimestre.
Concernant la branche Produits énergétiques, la baisse des volumes devrait représenter entre 100 et 300 millions de dollars tandis que d'autres éléments non détaillés causer entre 600 et 800 millions de manque-à-gagner.
Selon un calcul de l'AFP, cela représente au total entre 1 et 1,6 milliard de dollars.
De plus, du fait du décalage entre la vente des hydrocarbures sur le marché des dérivés et l'inscription dans les comptes une fois les produits livrés, le groupe s'attend à un impact négatif compris entre 3,5 et 4,9 milliards de dollars au premier trimestre du fait de la forte hausse des cours.
"Les effets de calendrier varient d'un trimestre sur l'autre en suivant l'évolution et la magnitude des prix", explique ExxonMobil, indiquant que cela se résorbe par la suite "générant constamment un bénéfice net".
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