- Connaissance des Énergies avec AFP
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Malgré un bénéfice annuel en recul, le géant électricien EDF a jugé vendredi ses performances "solides" à l'orée d'une année 2026 pleine de défis financiers et industriels pour l'entreprise publique appelée à lancer le chantier de la relance du nucléaire en France.
A quelques semaines du 80e anniversaire de sa naissance, EDF a annoncé un bénéfice net pour 2025 en recul de 26,3% à 8,4 milliards d'euros, affecté par la baisse des prix de l'électricité sur les marchés, partiellement compensée par la hausse de la production nucléaire.
Son chiffre d'affaires a lui reculé de 4,5% à 113,3 milliards.
Mais fort de l'amélioration de ses flux de trésorerie, le groupe continue de réduire son endettement, ramené à 51,5 milliards d'euros, en baisse de 2,9 milliards d'euros.
Le groupe versera un dividende d'1 milliard d'euros à son unique actionnaire, l'Etat.
Le PDG Bernard Fontana, s'est félicité dans un communiqué de "résultats opérationnels et financiers solides", qui traduisent "les actions engagées pour augmenter durablement notre performance opérationnelle", notamment avec la poursuite de la "remontada" de la production nucléaire (373 TWh).
Le dirigeant a notamment souligné les effets positifs du programme d'optimisation des arrêts pour maintenance dans ses 19 centrales nucléaires. Maîtriser leurs durées, qui ont pu déraper par le passé, est "l'un des premiers facteurs de performance du parc nucléaire", a-t-il déclaré lors d'un point presse téléphonique. En 2025, 23 réacteurs sur 40 qui étaient arrêtés ont redémarré avant la date prévue, contre 17 sur 41 en 2024.
En 2024, le groupe avait engrangé un bénéfice record de 11,4 milliards d'euros, peu avant l'éviction de son PDG Luc Rémont, en désaccord avec l'Etat, et la nomination en mai 2025 par l'Elysée du discret patron de l'équipementier Framatome, filiale d'EDF.
Face à une pile de dossiers brûlants, Bernard Fontana s'est fixé comme priorités de pacifier les relations avec les industriels sur le prix de l'électricité, enjeu majeur de compétitivité, et de poursuivre la hausse de la production nucléaire.
En parallèle, EDF et l'Etat se sont entendus sur les modalités de financement du programme de réacteurs nucléaires EPR2. Sous réserve du feu vert de Bruxelles, EDF pourrait annoncer fin 2026 sa décision officielle d'investir pour six nouveaux réacteurs, conformément à la nouvelle feuille de route énergétique de la France.
Sa publication, la semaine dernière par le gouvernement, a mis fin au moins pour un temps aux atermoiements politiques sur la place du nucléaire et des renouvelables: à rebours de la précédente qui prévoyait de fermer 14 réacteurs, la nouvelle confirme la priorité à l'atome, tout en préservant l'éolien et solaire.
- "Sélectifs" -
Mais de nombreux défis financiers, industriels et humains demeurent.
Alors que le coût du projet des six EPR2 a été réévalué à 72,8 milliards d'euros, hors coût de la dette, EDF veut faire oublier les déboires de son chantier fleuve de l'EPR de Flamanville.
Mais vendredi encore, l'entreprise a annoncé un "ajustement" du planning et du coût de son projet au Royaume-Uni de deux réacteurs à Hinkley Point C, désormais estimé à 35 milliards de livres. Le premier doit démarrer en 2030, dans la fourchette annoncée précédemment qui tablait sur 2029, voire 2031.
Bien que réduite, sa dette abyssale continue de peser, à l'heure où le groupe doit engager jusqu'à 460 milliards d'investissements d'ici 2040, selon la Cour des comptes.
Si bien que Bernard Fontana a fait des économies et de l'efficacité ses lignes directrices. Le dirigeant à la réputation de "cost-killer" vise un milliard d'euros par an d'économies sur les frais généraux d'ici 2030, en simplifiant l'organisation et les processus, ce qui inquiète les salariés.
Parallèlement, le groupe mise sur des investissements "sélectifs" à l'international pour retrouver des marges de manoeuvre.
Car EDF va devoir composer, non seulement avec des prix en baisse sur les marchés, mais avec une consommation d'électricité qui patine, en attendant un grand plan d'électrification du gouvernement pour accélérer le transfert des consommations d'énergies fossiles importées et coûteuses vers l'électricité.
Fort de sa production décarbonée à 95%, EDF doit conquérir de nouveaux clients, parmi les particuliers (voitures électriques, pompes à chaleur), les entreprises et les grands industriels et bientôt avec les centres de données, très gourmands en électricité.
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