- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Inde a condamné jeudi les récentes frappes visant des infrastructures de production des hydrocarbures du Golfe, les qualifiant d'"inacceptables", et redoutant une aggravation des perturbations du marché.
Le conflit déclenché par les frappes israélo-américaines sur l'Iran fin février, a franchi une étape en visant massivement des sites de production, en plus du stockage et du transport du pétrole et du gaz.
Le Qatar, deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), a fait état tôt jeudi de nouveaux "dommages considérables" sur le complexe gazier de Ras Laffan, plus important site de GNL au monde, déjà endommagé mercredi.
L'Iran a dit réagir à une attaque contre son site gazier offshore de South Pars, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.
L'Inde dépend du Qatar pour plus de 40% de ses besoins en GNL, crucial pour la production d'électricité, d'engrais, l'industrie, et la cuisson domestique.
Les dernières frappes sont "inacceptables et doivent cesser", a déclaré le ministère indien des Affaires étrangères, réitérant l'appel de New Delhi à éviter de prendre les sites d'hydrocarbures pour cible.
"Les attaques récentes contre des installations énergétiques dans différents endroits de cette région sont (...) profondément préoccupantes et ne font qu'accentuer l'instabilité d'une situation énergétique déjà incertaine pour le monde entier", a-t-il indiqué dans un communiqué.
Les livraisons de gaz ayant déjà baissé, New Delhi redoute une nouvelle pénurie d'approvisionnement, une hausse des coûts et une aggravation des tensions économiques.
22 navires indiens avec plus de 600 membres d'équipage sont bloqués dans le Golfe. Le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale mais aussi du gaz naturel liquéfié, est quasi paralysé par Téhéran.
Selon le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal, les approvisionnements du pays en hydrocarbures étaient déjà été affectés. "Avec ces nouvelles attaques, c'est notre approvisionnement en GNL qui va être impacté", a-t-il confié à des journalistes lors d'un point de presse à New Delhi jeudi.