GM augmente de 30% ses investissements dans les voitures électriques et autonomes

  • AFP
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General Motors, le numéro un de l'automobile aux Etats-Unis, a encore montré mercredi sa confiance dans l'adoption massive des véhicules électriques et autonomes, y augmentant ses investissements de 30% d'ici 2025, pour les porter à un total de 35 milliards de dollars.

GM, qui avait déjà nettement relevé ses ambitions sur ces secteurs fin 2020, se sent conforté par l'accueil du public à ses modèles actuels de véhicules électriques et par le soutien des pouvoirs publics: Joe Biden en a fait un élément clé de sa lutte contre le changement climatique.

Même si les voitures électriques ne représentaient encore que 2,5% des ventes aux Etats-Unis au premier trimestre, selon le cabinet spécialisé Cox, GM y croit: le groupe s'est engagé à ne plus vendre de voitures diesel ou à essence en 2035.

Avec la nouvelle accélération de ses investissements, l'entreprise ambitionne de devenir le leader sur le marché des véhicules électriques en Amérique du Nord, le leader mondial des batteries électriques et des piles à hydrogènes et, avec sa filiale Cruise, à être le premier groupe à proposer à grande échelle un véhicule autonome, détaille un communiqué.

"Il existe une conviction forte et croissante parmi nos employés, clients, concessionnaires, fournisseurs, syndicats et investisseurs, ainsi que parmi les décideurs politiques, que les véhicules électriques et la technologie de conduite autonome sont les clés d'un monde plus propre et plus sûr pour tous", a justifié Mary Barra, la patronne de l'entreprise.

Le groupe espère proposer 30 modèles de véhicules électriques d'ici 2025 et en vendre alors plus d'1 million par an. Il mise dans un premier temps sur les versions électriques de quelques produits phares, comme le pick-up GMC Hummer, la Chevrolet Silverado ainsi que sur la Cadillac Lyric ou la Chevrolet Bolt.

Les nouvelles versions de la Bolt remportent déjà un certain succès, a assuré le directeur financier Paul Jacobson lors d'une conférence téléphonique. "Nous ne regrettons absolument pas l'argent que nous y avons investi".

- Faire baisser les prix -

GM, qui a par ailleurs développé ses propres technologies de batteries électriques, Ultium, et de piles à hydrogène, Hydrotec, compte bien pouvoir les vendre à d'autres fabricants de véhicules. Il a encore annoncé mardi avoir noué un partenariat avec le fabricant de locomotives Wabtec.

Confiant dans les perspectives de croissance, le groupe prévoit de construire deux usines de batteries Ultium supplémentaires en plus des deux sites déjà en construction.

"On doit s'assurer (...) qu'on va vers des volumes importants dans les véhicules électriques afin de continuer à faire baisser leurs prix" et de parvenir à un coût similaire aux véhicules à essence et diesel, a souligné M. Jacobson.

GM fait face à une concurrence croissante sur ce créneau: au-delà du leader actuel Tesla et de la multiplication de start-up développant un produit de niche comme Rivian et son pick-up R1T, d'autres constructeurs traditionnels ont récemment mis le paquet sur l'électrique avec de grandes ambitions.

Ford a ainsi, fin mai, annoncé son intention de consacrer 30 milliards de dollars à la production de véhicules électriques d'ici 2025 et présenté en grande pompe une version électrique de son populaire pick-up F-150, le véhicule le plus vendu aux Etats-Unis.

Du côté des véhicules autonomes, GM se repose sur sa filiale Cruise, qui avance peu à peu.

Cruise a ainsi récemment reçu le feu vert des autorités californiennes pour fournir un service de transports de passagers sans chauffeur et prévoit de déployer des véhicules à Dubai.

GM souligne pouvoir se permettre ses investissements grâce à ses bons résultats au cours des trois derniers trimestres, dopés par l'appétit des Américains pour les achats de nouvelles voitures.

Le constructeur a relevé mercredi ses anticipations pour le deuxième trimestre en cours et s'attend désormais à un bénéfice opérationnel avant impôt compris entre 8,5 et 9,5 milliards de dollars au premier semestre, contre 5,5 milliards initialement.

Vu la persistance des difficultés à se procurer des semi-conducteurs, un composant essentiel dans les voitures, le groupe estime toujours que la situation restera "complexe et imprévisible" au second semestre.

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