Guerre au Moyen-Orient: la Banque asiatique de développement prévoit un ralentissement de la croissance en Asie

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La guerre au Moyen-Orient devrait peser sur les économies asiatiques en 2026 et 2027, a averti vendredi la Banque asiatique de développement (BAD), qui table désormais sur un ralentissement de la croissance à 5,1% ces deux années dans la région.

Cette prévision pourrait même s'avérer optimiste si de nouveaux éléments laissant entrevoir "un conflit plus long" et si "des perturbations plus persistantes" se confirmaient, a précisé la BAD.

L'institution souligne que la croissance pourrait même chuter à 4,7% en 2026 et 4,8% en 2027 si la guerre au Moyen-Orient devait s'enliser au-delà du troisième trimestre.

"Les perspectives de croissance de la plupart des économies d'Asie en développement et du Pacifique vont se dégrader cette année et en 2027", a estimé la banque.

En tant qu'importatrice nette d'énergie, la région est particulièrement vulnérable aux retombées de la guerre, a expliqué l'économiste en chef de la BAD, Albert Park, aux journalistes lors d'un point presse sous embargo jeudi.

"La hausse des prix de l'énergie peut entraîner des pertes de revenus significatives", a déclaré M. Park.

"Même après la normalisation des prix de l'énergie, les perturbations de la chaîne d'approvisionnement, la hausse des prix à la production et le resserrement des conditions financières prolongeraient les pressions stagflationnistes", a-t-il ajouté.

Un conflit plus long au Moyen-Orient pourrait aussi faire bondir l'inflation jusqu'à 5,6%, selon la BAD.

Achevé en mars, le rapport de la banque avait prévu une hausse des prix de 3,6% en 2026 et de 3,4% en 2027 dans le cadre d'un "scénario de stabilisation précoce".

M. Park a souligné que les restrictions imposées par l'Iran au trafic maritime dans le détroit d'Ormuz avaient des répercussions bien au-delà du secteur énergétique.

"Même si les prix du riz restent relativement bas (...) les coûts élevés des engrais et du diesel font grimper les coûts de production agricole", ce qui pourrait contribuer à l'insécurité alimentaire, s'est inquiété M. Park.

Vendredi, à Manille, des files d'attente s'étendaient sur plusieurs pâtés de maisons dans certains quartiers, les habitants se pressant pour profiter d'un programme soutenu par le gouvernement proposant du riz à seulement 20 pesos (29 centimes d'euros) le kilo.

Dans son nouveau rapport, la BAD indique également que la persistance des incertitudes commerciales face aux droits de douane décidés par le président américain Donald Trump devrait peser sur les investissements régionaux.

La Chine devrait voir sa croissance ralentir à 4,6% cette année et à 4,5% l'année prochaine (contre 5% auparavant), en raison de la faiblesse persistante de son marché immobilier et du ralentissement de la croissance de ses exportations, selon le rapport.

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