- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le patron de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient, la pire que le monde ait connue, devrait à terme accélérer le développement des énergies renouvelables, nucléaires et des véhicules électriques, dans une interview à paraître mardi dans le journal français Le Figaro.
« il y a aussi des raisons d'être optimiste »
Pour le directeur exécutif de l'AIE Fatih Birol, "il y a aussi des raisons d'être optimiste", car selon lui, "l'architecture du système énergétique mondial va changer" dans les prochaines années.
"Cela prendra des années. Ce ne sera pas une solution à la crise actuelle mais la géopolitique de l'énergie sera profondément transformée", a déclaré M. Birol qui estime que "certaines technologies progresseront beaucoup plus vite que d'autres".
"C'est le cas des renouvelables, du solaire, de l'éolien, dont l'installation est très rapide. Il va y avoir un recours aux renouvelables, très rapidement, à l'échelle de quelques mois", a-t-il déclaré.
Pour le patron de l'AIE, la crise devrait aussi "relancer l'élan en faveur de l'énergie nucléaire, y compris des petits réacteurs modulaires", tandis que des pays pourront compter sur des capacités supplémentaires grâce à la prolongation de la durée de vie des centrales existantes. Il estime aussi "que les voitures électriques se développeront". D'ici-là, à court terme, les pays devront "utiliser l'énergie de la manière la plus prudente possible, en l'économisant et en améliorant son efficacité".
« Avril sera bien pire »
Fatih Birol, également "très pessimiste", souligne de nouveau que "le monde n'a jamais connu une perturbation de l'approvisionnement énergétique d'une telle ampleur". "La crise actuelle est plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies", a-t-il dit en rappelant que "cette guerre obstrue l'une des artères de l'économie mondiale. Pas seulement le pétrole et le gaz, mais aussi les engrais, la pétrochimie, l'hélium et bien d'autres choses".
Le monde s'apprête à entrer dans "un avril noir", a-t-il prévenu : "le mois de mars a été très difficile mais avril sera bien pire", a-t-il répété après des propos similaires la semaine dernière.
"Si le détroit (d'Ormuz, NDLR) reste effectivement fermé tout au long du mois d'avril, nous perdrons deux fois plus de pétrole brut et de produits raffinés qu'en mars", a-t-il alerté. "Soixante-quinze infrastructures énergétiques ont été attaquées et endommagées et plus d'un tiers d'entre elles sont gravement ou très gravement touchées", a-t-il précisé, et leur remise en état "prendra beaucoup de temps".