Hydrocarbures : le Turkménistan et l'Azerbaïdjan mettent fin à une dispute en mer Caspienne

  • AFP
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Le Turkménistan et l'Azerbaïdjan ont annoncé jeudi la prospection conjointe d'un gisement d'hydrocarbures en mer Caspienne, mettant ainsi fin à des années de désaccord, ce qui pourrait faciliter la construction d'un gazoduc turkmène vers l'Europe.

Dans un communiqué, le ministère turkmène des Affaires étrangères a indiqué que les deux ex-républiques soviétiques avaient signé un mémorandum "sur la prospection, le développement et la mise en service du champ d'hydrocarbures Dostluk en mer Caspienne". La présidence azerbaïdjanaise, dans une annonce similaire, a précisé que les chefs d'État des deux pays, Ilham Aliev et Gourbangouly Berdymoukhamedov, avaient échangé par vidéo-conférence pour sceller cet accord.

"Dostluk" signifie "Amitié" dans les langues turciques propres aux deux pays. Ce champ d'hydrocarbures avait précédemment été nommé "Serdar" par le Turkménistan et "Kapaz" par l'Azerbaïdjan. Situé à la jonction de leurs eaux territoriales, il a longtemps été une source de dispute, chacun revendiquant le droit exclusif de son exploitation.

L'accord pourrait faciliter les négociations sur la construction d'un gazoduc en mer Caspienne visant à relier le Turkménistan, très riche en gaz, au marché européen via l'Azerbaïdjan. Ce projet ambitieux est contrecarré par des antagonismes géopolitiques et un manque de soutien commercial. En 2018, la signature d'un accord sur le statut de la Caspienne entre les cinq pays la bordant (Russie, Iran, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan) a toutefois été perçu comme une étape positive pour la collaboration des acteurs régionaux.

Pour Robert Cutler, directeur du Programme de sécurité énergétique à l'Association canadienne pour l'Otan, une ONG basée à Toronto, ce mémorandum "lève le dernier obstacle" pour la construction d'un gazoduc transcaspien. Selon des estimations, le champ d'hydrocarbures "Dostluk" contient du gaz naturel et jusqu'à 70 millions de tonnes de pétrole.

Commentaires

Christian Méda…

Il faudrait songer à laisser toutes ces énergies fossiles là où elles sont. Je comprends l'intérêt économique de ces pays, mais ils vivent aussi sur Terre et sauf à avoir peu de considérations pour leur peuple (fort probable) j'aimerais connaître l'âge moyen de ces décisionnaires, (certainement au delà de 60 ans). Ils n'endureront donc pas les conséquences de leurs décisions à terme de 20 ans.

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