"J'espérais plus": dans l'Etat décisif de Pennsylvanie, le soutien à Trump s'érode

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Michelle Sims hésite quand on lui demande si elle soutient toujours Donald Trump après un an à la tête du pays. "Oui", soupire-t-elle en jetant un coup d'oeil aux produits de la banque alimentaire de Pennsylvanie qu'elle fréquente, "jusqu'à un certain point".

Agée de 50 ans, sans travail en raison de problèmes de santé, elle énumère ses inquiétudes face au coût élevé de la vie et aux coupes dans les programmes d'aide sociale - des difficultés qu'elle espérait voir le président résoudre.

Habitante du comté de Bucks, en banlieue de Philadelphie, grande ville de la côte est, elle fait partie des Américains dont le soutien au président s'est érodé, expliquant la baisse de sa cote de popularité.

Vêtue d'un cardigan gris et portant une large barrette dans les cheveux, Mme Sims confie à l'AFP qu'elle attendait surtout de Donald Trump qu'il tienne ses promesses en matière de pouvoir d'achat.

Si elle se réjouit de la baisse des prix de l'essence, "je ne pense pas que tout ait été accompli", dit-elle. "Mes attentes étaient un peu plus élevées. J'espérais que davantage aurait été fait à ce stade."

Le comté où elle vit est régulièrement courtisé par les politiciens des deux camps (démocrate et républicain) car il oscille souvent entre l'un et l'autre.

- Espoirs de vie abordable -

Donald Trump y a remporté l'élection de 2024 d'une très courte marge. Mais, signe d'un changement d'humeur, une vague de candidats démocrates y ont remporté plusieurs élections locales en 2025.

"Les gens veulent simplement que le gouvernement fonctionne. Ils ne veulent pas de chaos", explique à l'AFP Danny Ceisler, le nouveau shérif démocrate du comté de Bucks.

Lui a fait campagne, avec succès, contre la coopération de ses services avec l'agence fédérale de la police de l'immigration (ICE), rouage essentiel des expulsions massives de Donald Trump, l'une des politiques les plus controversées de son mandat.

Selon les analystes, certains électeurs du président ont boudé les récentes élections en Pennsylvanie et dans d'autres Etats, où les démocrates ont remporté d'importantes victoires.

"En 2024, sa courte victoire a été rendue possible par un groupe relativement restreint d'électeurs dans des endroits comme le comté de Bucks, qui étaient mécontents de la direction prise par le pays, en particulier sur le coût de la vie", analyse Christopher Borick, directeur de l'Institut d'opinion du Muhlenberg College, en Pennsylvanie.

"Ce groupe d'électeurs a depuis perdu ses illusions à l'égard de Trump, leurs espoirs d'une vie plus abordable étant largement restés lettre morte, tandis que leurs réserves sur son caractère et son leadership n'ont fait que s'accentuer", dit-il.

- "Qu'il se taise" -

Un sondage Gallup publié le mois dernier donne au président un taux d'approbation national de 36%, contre 47% lors de son entrée en fonction.

Joe Kramley, ancien technicien de la Marine américaine à la retraite, qui avait voté pour Donald Trump en 2024 principalement en raison de ses préoccupations sur l'immigration, dit aujourd'hui se lasser du président.

"J'aimerais qu'il se taise et qu'il fasse simplement ce qu'il a à faire", confie à l'AFP cet homme de 83 ans dans une rue bordée de boutiques et de cafés de Doylestown, ville siège du comté.

"Je suis satisfait de certains de ses programmes. Mais beaucoup ne fonctionnent pas. L'inflation est toujours là", ajoute-t-il, qualifiant également de "ridicules" les déclarations répétées de Donald Trump affirmant vouloir prendre le contrôle du Groenland.

Interrogé sur la possibilité de voter à nouveau pour lui, M. Kramley répond que cela "dépendrait des candidats", tout en estimant qu'aucun démocrate crédible ne se dégage pour l'instant.

Dans un "diner", restaurant américain traditionnel, à la périphérie de Doylestown, les avis sont partagés.

"Ce n'est pas tant que j'aime Trump... J'aime les décisions qu'il prend et la direction qu'il donne au pays", avance Gary Armstrong, vendeur d'assurances de 68 ans qui se revendique conservateur.

Lui s'affirme "très satisfait" de son vote en faveur du président, "face à ce que je vois à l'extrême gauche".

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