Kiev propose une mission internationale sur le site de la centrale de Zaporijjia, la population appelée à évacuer

  • AFP
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Au lendemain de la publication du rapport de l'AIEA, Kiev a proposé mercredi une mission internationale sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia, où la population a été appelée à évacuer sur fond de risque d'escalade entre Russes et Ukrainiens.

"Nous proposons de créer une mission internationale avec la participation de l'UE, de l'ONU et d'autres organisations. Celle-ci faciliterait le retrait de l'armée russe de la centrale et du territoire autour dans un rayon de 30 km", a indiqué lors d'une réunion du gouvernement ukrainien le Premier ministre Denys Chmygal.

Ces propos interviennent au lendemain de la publication d'un rapport de l'AIEA jugé "sans résultats tangibles" par M. Chmygal. Ce rapport de l'agence onusienne appelait notamment à la création d'une "zone de sécurité" sur le site de la plus grande centrale d'Europe face à une situation sécuritaire "intenable".

La vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, a pour sa part demandé la mise en place d'"un couloir humanitaire pour l'évacuation de la population civile du territoire temporairement occupé (par les Russes) et adjacent à la centrale nucléaire". "Évacuez ! Trouvez un moyen d'accéder aux territoires contrôlés (par Kiev)", a-t-elle lancé aux habitants de la zone sur Telegram.

Un accident nucléaire à la centrale de Zaporijjia, occupée par les Russes depuis mars, risque d'affecter non seulement l'Ukraine mais aussi des pays voisins, avait averti plus tôt de son côté l'agence d'inspection chargée de la sécurité nucléaire en Ukraine.

En cas d'incident grave, "il y aura des conséquences non seulement pour l'Ukraine, mais aussi, clairement, des conséquences au-delà des frontières", a prévenu Oleg Korikov, le chef par intérim de cette structure, lors d'une conférence de presse en ligne.

Selon lui, cette centrale située dans le sud du pays et actuellement débranchée du réseau électrique risque de se retrouver dans une situation où ses systèmes de sécurité seront alimentés grâce à des puissance de réserve fonctionnant avec du diesel.

"Mais en temps de guerre il est très difficile de refaire le plein des réserves de diesel" dont il faut quatre citernes par jour, a expliqué M. Korikov. "On peut potentiellement se retrouver face au manque de diesel ce qui peut conduire à un accident endommageant le cœur du réacteur et par conséquent, au rejet de produits radioactifs dans l'environnement", a indiqué le responsable.

Selon des experts, la perte de l'alimentation électrique des réacteurs pourrait entraîner l'arrêt de leur refroidissement et une fusion du cœur des réacteurs.

Les troupes russes ont pris début mars le contrôle de la centrale comptant six réacteurs nucléaires d'une puissance de 1.000 mégawatt chacun et qui produisait 20% de l'électricité ukrainienne avant l'invasion russe.

Son site subit des bombardements depuis plusieurs semaines dont Kiev et Moscou se rejettent mutuellement la responsabilité.

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