- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Europe doit réduire sa dépendance à l'importation d'énergies fossiles, l'une de "ses principales vulnérabilités" pesant sur la mission de la BCE de maintenir la stabilité des prix, a estimé mardi un haut responsable de l'institution monétaire qui a appelé à investir dans une énergie propre et produite localement.
« Faire la transition maintenant ou payer cher plus tard »
"La dépendance énergétique de l'Europe complique de plus en plus la tâche consistant à maintenir la stabilité des prix", a déploré dans une note de blog Frank Elderson, membre du directoire de la Banque centrale européenne et vice-président de son Conseil de surveillance.
Le Vieux continent doit "faire la transition maintenant ou payer cher plus tard", a estimé M. Elderson, appelant à "diminuer la dépendance aux combustibles fossiles importés" et à "accélérer une transition ordonnée vers des énergies propres produites localement".
Selon lui, "atteindre les objectifs du continent en matière d'énergie propre affaiblirait le lien entre la volatilité des marchés mondiaux et les prix intérieurs".
Europe’s dependence on foreign energy makes it tougher for the ECB to keep prices stable, writes Executive Board member Frank Elderson.
Meeting clean energy targets would help by reducing the impact of volatile global markets on domestic energy prices https://t.co/ozmuJPaCdcpic.twitter.com/xZo15Gbj4N— European Central Bank (@ecb) April 7, 2026
660 milliards d'euros par an d'ici à 2030
L'inflation dans la zone euro a grimpé à 2,5 % sur un an en mars, atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2025 en raison de l'envolée des prix de l'énergie liée à la guerre au Moyen-Orient. Et face à cette flambée, l'institut de Francfort a revu en mars à la hausse sa prévision d'inflation pour 2026, à 2,6 % contre 1,9 % précédemment.
Selon M. Elderson, une stratégie de décarbonation "se traduirait par moins de chocs pour les ménages, les entreprises, les finances publiques et les marchés financiers - et, en fin de compte, par une plus grande stabilité macroéconomique et des prix plus stables".
L'investissement nécessaire est considérable - 660 milliards d'euros par an d'ici à 2030 selon la Commission européenne - mais "se concentrer uniquement sur ces coûts est profondément trompeur". "Investir dans une énergie propre et durable remplace les dépenses substantielles consacrées aux combustibles fossiles", a-t-il estimé. Pour le banquier central, "la question n'est plus de savoir si l'Europe peut se permettre cette transition" mais "si elle peut se permettre de ne pas la faire".