- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les plasturgistes de l'organisation Plastics Europe s'inquiètent mardi d'un "ralentissement spectaculaire" dans la mise en place d'un "écosystème circulaire des plastiques" en Europe, par manque de compétitivité, une situation qui "sape les objectifs climatiques et l'autonomie stratégique" du continent.
L'organisation qui compte parmi ses membres BASF, Borealis, ExxonMobil, Ineos, LyondellBasell, Sabic Europe ou TotalEnergies a publié mardi son rapport sur ce qu'elle nomme "l'économie circulaire des plastiques", désignant les plastiques recyclés mécaniquement - le premier mode de recyclage -, chimiquement ou obtenus à partir de ressources biosourcées.
"Dans un contexte de concurrence mondiale accrue, le rythme de la transition en Europe a fortement ralenti", déplore l'organisation, qui évalue la production totale de "plastique circulaire" européenne à 8,7 millions de tonnes, soit 15,8% du total en 2024, dernières données disponibles.
Plastics Europe entend par Europe les 27 pays membres de l'Union européenne, ainsi que la Norvège, le Royaume-Uni et la Suisse.
Si cette part de plastique circulaire dans la production est la plus élevée au monde, elle tient surtout à la faiblesse de la production de plastiques d'origine fossile, "qui a reculé de 8,3% entre 2022 et 2024, pour atteindre 43,4 millions de tonnes", précise l'organisation.
Les difficultés européennes s'expliquent notamment par la concurrence de plastique vierge et recyclé à très faible coût provenant d'Asie, a détaillé mardi lors d'une conférence de presse le directeur général de Plastics Europe pour la France, Jean-Yves Daclin.
Rob Ingram, président de l'organisation et directeur général de Ineos Olefins & Polymers Europe, déplore aussi les "prix élevés de l'énergie et des matières premières" et les "coûts liés aux émissions de carbone et d'une concurrence inéquitable".
"A moins que cette tendance hautement dommageable ne soit inversée, l'Europe ne pourra pas atteindre ses objectifs climatiques", estime-t-il.
La directrice générale de Plastics Europe, Virginia Janssens, a de son côté estimé que "le conflit au Moyen-Orient (avait) rappelé à quel point l'Europe est exposée aux chocs liés aux ressources fossiles et qu'une économie européenne des plastiques circulaires solide n'est pas un +plus+, mais un impératif non négociable".
A l'échelle européenne, le taux de recyclage du plastique s'est amélioré pour atteindre 29,6%, observe l'organisation. Mais, dit autrement, "plus de 70% des déchets plastique collectés ont encore été orientés vers l'incinération (16,0 Mt, soit 48,9%) et la mise en décharge (7,0 Mt, soit 21,5%)".
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