- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a décrété mercredi l'état d'urgence en matière d'approvisionnement en pétrole en raison de l'interruption des livraisons russes via l'oléoduc Droujba et menacé l'Ukraine de mesures de rétorsions si la situation persiste.
Le pays a décidé de libérer 250.000 tonnes de ses réserves d'urgence, en raison de la situation, a-t-il dit lors d'un point presse.
Selon les autorités ukrainiennes, l'oléoduc Droujba qui transite par son territoire avant de délivrer du pétrole à la Slovaquie et la Hongrie, a été endommagé par des frappes russes fin janvier à Brody.
Mais M. Fico, citant des rapports des services secrets slovaques, a affirmé mercredi que les travaux de réparation sont achevés, accusant le gouvernement ukrainien de ne pas reprendre les livraisons pour exercer un "chantage" sur la Hongrie, hostile à l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.
M. Fico a menacé de mettre fin à la coopération en matière de fourniture d'électricité à l'Ukraine lorsque l'électricité y est coupée en raison des frappes russes si la situation persiste.
"Si le président (Zelensky) estime que ces livraisons n'ont pas pas de sens, nous pouvons décider de nous retirer de cet accord de livraisons d'électricité", a-t-il dit.
L'ambassadeur slovaque en Ukraine a remis une note officielle pour demander une explication concernant la suspension des livraisons de pétrole, a ajouté M. Fico qui a annoncé son intention de saisir la Commission européenne afin qu'elle examine la situation.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a également accusé l'Ukraine de chantage, pour forcer "la Hongrie à rejoindre la coalition des pays européens pro-guerre", dans un post sur Facebook mercredi.
Son pays et la Slovaquie ont annoncé avoir demandé à la Croatie d'autoriser le transport de pétrole russe via l'oléoduc Adria.
"Mais il y a deux problèmes", a déclaré M. Fico mercredi: "nous n'avons jamais testé sa pleine capacité" et le prix par tonne de pétrole pour 100 kilomètres de transport "sera cinq euros, soit cinq fois plus" qu'à travers Droujba.
Interrogée mardi à propos de la demande d'utiliser Adria, la Commission européenne a affirmé rester "en contact avec toutes les parties concernées" et être prête "à convoquer une réunion du Groupe de coordination pour le pétrole d'urgence", tout en estimant qu'"il n'y a pas de risques à court terme pour la sécurité ou l'approvisionnement" de la Hongrie et la Slovaquie qui "disposent de réserves d'urgence équivalant à 90 jours".