- Connaissance des Énergies avec AFP
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La Turquie et l'Arabie saoudite ont signé vendredi un accord pour la construction de centrales solaires d'une capacité combinée de 2000 MW en Turquie, une initiative visant à approfondir la coopération énergétique entre les deux pays.
Organisée à Istanbul dans un palais de l'époque ottomane au bord du Bosphore, la cérémonie de signature intervient après la conclusion d'un accord sur l'énergie de deux milliards de dollars entre les deux pays lors d'une visite du président Recep Tayyip Erdogan à Riyad début février.
L'accord prévoit la construction par la société saoudienne Acwa de deux centrales solaires dans les provinces de Sivas et de Karaman, dans le centre de la Turquie, d'une capacité combinée de 2000 mégawatts, qui pourrait répondre aux besoins en électricité de 2,1 millions de foyers, ont indiqué des responsables.
Les relations entre Ryad et Ankara s'étaient refroidies après l'assassinat en 2018 au consulat saoudien à Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi, très critique du régime saoudien.
Elles se sont améliorées par la suite, et Recep Tayyip Erdogan s'était rendu en visite officielle en Arabie saoudite en 2022 avant d'y revenir un an plus tard.
Les deux pays coopèrent désormais sur un large éventail de questions diplomatiques, notamment le soutien à Gaza et au nouveau gouvernement syrien.
Le ministre turc de l'Énergie, Alparslan Bayraktar, a salué le projet comme "l'un des plus importants investissements nationaux et étrangers jamais réalisés dans notre secteur énergétique".
"La Turquie garantira également son approvisionnement en électricité à un prix exceptionnellement bas, jamais atteint dans notre pays", a-t-il ajouté.
"La Turquie connaît une véritable révolution énergétique", a affirmé le ministre, ajoutant que 62% de la capacité électrique installée l'an dernier provenait de sources renouvelables.
D'ici 2035, la Turquie ambitionne de porter sa capacité installée en énergie solaire et éolienne à 120.000 mégawatts.
Ankara vise également la neutralité carbone d'ici 2053, mais 33,6% de son électricité provenait du charbon l'an dernier, selon les données officielles du ministère.
Interrogé par l'AFP sur la dépendance de la Turquie au charbon, M. Bayraktar a indiqué que le pays visait une énergie moins chère et une réduction de sa dépendance aux importations d'énergie.
"Le charbon peut être remplacé dans un premier temps par le gaz, mais à moyen et long terme, il peut être supplanté par le nucléaire", a-t-il précisé.