Le géant des matières premières Glencore met un frein au charbon

  • AFP
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Le géant des matières premières Glencore va mettre un frein au charbon, expliquant vouloir plafonner sa production "globalement à ses niveaux actuels", à l'heure où de nombreux investisseurs s'en désengagent pour lutter contre le changement climatique.

Pour 2019, le groupe basé à Baar, qui compte parmi les plus gros producteurs mondiaux, entend ne pas faire croître sa production au delà de 145 millions de tonnes, a-t-il indiqué dans un communiqué détaillant ses résultats financiers pour 2018.

L'an passé, le charbon a généré 12,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour Glencore, soit une hausse de 26%, tandis que sa production s'est accrue de 7%, à 129,4 tonnes après deux gros investissements dans des mines en Australie.

"Nous pensons que c'est dans le meilleur intérêt de l'entreprise", a déclaré son directeur général, le sud-africain Ivan Glasenberg, lors d'une conférence téléphonique avec les journalistes. Il a ajouté que le groupe voulait ainsi répondre aux attentes de ses actionnaires et investisseurs, sans donner plus de détails.

En marge de ses résultats annuels, Glencore a également publié une liste d'engagements en faveur du climat, expliquant que le groupe a "un rôle clef à jouer" pour favoriser "la transition vers une économie à faible émission carbone".

Dans un communiqué, l'Eglise d'Angleterre et "Climate Action 100+", un groupe d'investisseurs institutionnels qui pousse les principaux émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre à réduire leurs émissions, se sont félicités de cette décision.

"C'est une première dans l'industrie minière, Glencore a convenu d'aligner ses activités et ses investissements avec les objectifs de l'Accord de Paris", ont-ils réagi. "Ce qui est important", ont-ils souligné, est que Glencore a entrepris de ne plus faire croître ses capacités de production dans le charbon".

L'an passé, celles-ci avaient augmenté grâce à l'acquisition par Glencore des parts d'une mine appartenant à son concurrent anglo-australien Rio Tinto. Le suisse a également finalisé en mai le rachat de 49% de la mine de Hunter Valley, en Nouvelle Galles du Sud, qu'il avait âprement disputée au chinois Yancoal.

Demande toujours « robuste »

Le charbon fait partie des matières premières qui ont contribué à équilibrer les résultats de Glencore en 2018, le cours du charbon thermique terminant l'année à un niveau pratiquement inchangé alors que d'autres ressources ont vu leur prix plonger au second semestre face aux inquiétudes sur le dollar, les tensions autour de la politique commerciale des Etats-Unis ou la croissance en Chine.

"La demande pour des charbons de grande qualité est restée robuste", notamment en Chine et en Inde, a expliqué le groupe dans le communiqué détaillant ses résultats.

L'an passé, sa division dédiée au négoce des matières premières a vu son résultat opérationnel chuter de 17% face à la baisse des cours des métaux tels que le cuivre ou le cobalt sur la seconde moitié de l'année.

L'excédent brut d'exploitation de ses activités minières a par contre grimpé de 15%, grâce notamment au redémarrage d'activités dans sa mine de Katanga, en République démocratique du Congo, et de Lady Loretta, en Australie.

Son bénéfice net pour l'ensemble de ses activités a chuté de 41%, à 3,4 milliards de dollars, en raison de dépréciation d'actifs sur des mines de cuivre en Afrique. Ce chiffre se situe en-deçà des prévisions des analystes compilées par le fournisseur de données financières Factset qui l'attendait en moyenne à 5,4 milliards.

A 16H05 GMT l'action s'appréciait de 2% à 308,80 pence alors que le FTSE100, l'indice phare de la Bourse de Londres où l'action est cotée, s'appréciait de 0,60%.

Le groupe a maintenu son dividende à 0,20 dollars par action pour l'exercice écoulé et a annoncé un nouveau programme de rachat d'actions de 2 milliards de dollars, qui pourrait être complété avec les cessions d'actifs de 1 milliard déjà visées pour 2019.

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