Le gouvernement en mode équilibriste sur l'avenir énergétique de la France

  • AFP
  • parue le

Loi énergie critiquée et finalement modifiée in extremis, débat miné sur la taxe carbone, objectifs difficiles à concilier... Le gouvernement, qui doit aussi composer avec un contexte social tendu, peine à convaincre sur ses ambitions climatiques.

La décision confirmée ce dimanche par l'exécutif a été timidement saluée par les ONG et certains élus: le gouvernement a décidé de revoir sa copie sur la loi énergie qui devait être présentée en Conseil des ministres lundi.

"Il y a eu des demandes de préciser certains aspects, certaines dispositions. Ce que nous allons faire donc, c'est reporter d'une semaine ou deux (la présentation du projet de loi, NDLR). C'est juste une question d'améliorer encore le texte pour le rendre plus ambitieux sur le climat", s'est défendu le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy lundi matin sur RMC/BFMTV.

"On souhaite rendre le texte plus ambitieux, notamment en matière d'efficacité énergétique et de baisse des émissions de gaz à effet de serre", a abondé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux à l'issue du Conseil des ministres.

Cette décision intervient quelques jours après l'appel d'Emmanuel Macron à "aller plus fort, plus vite et plus loin" dans la transition écologique, lors d'un échange dans le cadre du grand débat.

Le gouvernement va donc réintroduire des objectifs précis de réduction d'émissions de gaz à effet de serre en plus de l'atteinte de la "neutralité carbone" en 2050, c'est-à-dire un équilibre entre émissions de CO2 et retrait de l'atmosphère de CO2, par exemple via les puits de carbone (forêts, sols, etc.).

Le futur texte va aussi restaurer l'objectif d'une baisse de 20% des consommations d'énergie en 2030 par rapport à 2012, alors que la précédente version tablait sur -17%, une décision très critiquée notamment par le Conseil économique, social et environnemental (Cese).

Plus qu'une ambition relevée, l'ONG Réseau action climat a noté lundi ce "recul évité", tout en regrettant le maintien du report de 10 ans, de 2025 à 2035, de la baisse de la part du nucléaire dans la production d'électricité.

Le texte vise en effet à modifier la loi sur la transition énergétique de 2015 sur des points que le gouvernement ne jugeait pas atteignables. C'est un préalable à la publication définitive de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) d'ici 2028.

Pris entre deux feux

Le gouvernement avait déjà souffert pour accoucher de cette PPE, présentée avec plusieurs mois de retard fin novembre par le président de la République, au début du mouvement des "gilets jaunes".

Elle actait finalement la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d'ici 2035, l'arrêt d'ici 2022 des quatre centrales à charbon encore en fonctionnement sous réserve que la sécurité d'approvisionnement électrique soit garantie, et des trajectoires de développement pour les énergies renouvelables (éolien, solaire, biogaz, etc.).

Mais depuis, l'exécutif doit naviguer entre des vents contraires: malgré le besoin de moyens pour financer la transition énergétique, il a été contraint de revenir sur la hausse de la taxe carbone face au ras-le-bol fiscal ambiant, mais il a aussi reçu une pétition signée par plus de 2,1 millions de personnes soutenant un recours contre l'Etat pour "inaction climatique".

La mobilisation se structure aussi au Parlement. Plus d'une centaine de députés de tous bords ont envoyé ce week-end une lettre au Premier ministre, que l'AFP a pu consulter, pour réclamer plus d'ambition dans les énergies renouvelables. Et un groupe de 70 sénateurs avancent leurs propositions "pour répondre au défi climatique".

"Le Grand Débat National doit dessiner les contours d'un nouveau contrat social, qui réponde aux enjeux de redistribution et de protection sociale, mais aussi aux exigences d'une action résolue sur les grands enjeux climatiques et environnementaux", écrivent ces derniers.

Dans le même temps, une commission d'enquête à l'initiative du groupe LR se penche actuellement à l'Assemblée sur le coût des énergies renouvelables et leur "acceptabilité".

"Je suis bien conscient de la gravité de la situation à la fois du point de vue écologique et du point de vue social", a assuré François de Rugy lundi, en insistant par exemple sur l'engagement de l'Etat à accompagner socialement l'arrêt des centrales à charbon, la lutte contre la précarité énergétique et l'adoption de véhicules plus propres.

Commentaires

Fredo P.

La résolution de diminuer l'énergie nuclséaire est une résolution imprimée par des écologistes avides de voies électorales profitant des événements Tchernobyl et Fukushima qui pour le premier est une erreur humaine et pour le second, ne comptabilise qu'une dizaine de décès dus à la radioactivité alors que l'on attribut 40 000 morts à la pollution atmosphérique chaque année. Rien n'est plus propre que l'energie nucléaire actuellement. La peur provoquée par le nucléaire est injustifiée. L'Allemagne n'a démantelé aucune centrales, le japon réhabilite ces centrales à Fukushima, la Chine construit de nouvelles centrales, sont ce leurs dirigeants devenus fous?

PPLBLS

Cette erreur humaine de Tchernobyl a fait combien de mort ? Êtes vous certains que dans l'un quelconques de nos pays occidentaux elle ne puisse pas se produire ? Que pensez vous des dossiers barrés de FRAMATOME/AREVA, tricherie organisée sur la qualité métallurgie des pièces de forge, quelle transparence...

Fredo P.

On ne pourra rien contre le trouillomètre à zéro. C'est exclusivement la trouille qui émet ces réactions, quand en 14 on leur a dit , il faut y aller, ils y sont aller sans se poser de question, il faudrait aussi interdire de rouler en voiture et même de prendre l'avion, combien de disparus depuis que ces transports existent? Arrêter de flipper, combien de morts du au nucléaire en France depuis sont existence? zero!!!!

sail49

On croirait lire un propos copier/coller d'un lobbyiste nucléaire !!

De toute l'histoire de l'humanité nous sommes les pires des pires générations.
égocentristes, capricieux, irresponsables, pleutres et immensément égoïstes, nous aurons pillé les mers, liquidé la nature, épuisé la plupart des ressources, empoisonné les terres, assécher l'eau douce ... et en plus, vous n'avez même pas honte de laisser derrière vous les millions de tonnes de déchets radioactifs.
Alors que le déclin du nucléaire s'annonce dans les 4 ou 5 décennies à venir, ça ne vous gène même pas que ce soient nos enfants et petits enfants qui auront la facture du démantèlement, du stockage et retraitement.

Désolé d'être vulgaire, mais j'appelle un chat, un chat !! ... de toute l'histoire de l'humanité nous sommes les seules générations a laisser notre merde mortelle aux autres et la facture qui va avec !! ... et vous nous parlez de propreté !!

Et le pompon pour finir, vous opposez les 40 000 morts liés à toutes les pollutions confondues (et pas seulement l'énergie) avec l'énergie nucléaire et qui ne représente que 16% de notre consommation totale d'énergie. (source : chiffres 2017 SOeS )

Si il est indispensable de sortir des énergies fossiles, il est tout aussi impératif de sortir du nucléaire (qui est aussi une source fossile).

MaxMAES

La priorité est bien l'émission des GES.
Il est bien stérile de remplacer de l'électricité nucléaire par des énergies renouvelables non pilotables.
Le nucléaire est notre avenir, quoique des simplistes l'affirment. L'Allemagne nous pollue avec ses nuages de centrales à charbon. Le écologistes allemands sont des assassins, ils sont coupables de tuer à terme nos petits enfants.
Rappelons des chiffres annuels mondiaux:
Morts sur la route 1.3 millions
Morts par pollution atmosphérique 3 millions
Pollution des fleuves, terres et océans par les hydrocarbures et le charbon: incalculable
Morts par énergie nucléaire en 2018: presque zéro
Ajoutons que les réacteurs à neutrons rapides, 20% plus chers nous permettraient d'avoir 1000 ans de combustible.
Et les nouveaux réacteurs et SMR sont plus fiables.

sarpion

Bien sur que le nucléaire est incontournable dans les décennies à venir. Si l'on comptabilise les décès liés à la pollution automobile et aux GES et NOx la voiture est bien plus dangereuse.

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