Le marché pétrolier toujours crispé par les tensions en Iran

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole ont terminé en progression mercredi, atteignant un niveau plus vu en clôture depuis trois mois avec la montée de tensions en Iran et les menaces de Washington contre Téhéran.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, a pris 1,60% à 66,52 dollars. La référence européenne n'avait plus dépassé en clôture les 66 dollars depuis le 8 octobre.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, a gagné 1,42% à 62,02 dollars.

La décision de Washington d'évacuer par précaution une partie du personnel de sa base militaire au Qatar est perçue par le marché "comme le signe que nous sommes à l'aube d'une action militaire" en Iran, relève auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital.

Le pouvoir iranien a averti mercredi Donald Trump qu'il était capable de "riposter" à toute attaque américaine.

Les intentions de la Maison Blanche restent floues, mais le président américain a menacé à plusieurs reprises d'intervenir militairement pour mettre fin à la répression du mouvement de contestation en Iran, l'un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

Pour John Kilduff, les opérateurs "craignent que cela ne dégénère en quelque chose de plus grave au niveau régional" ce qui "a entraîné une forte remontée de la prime de risque cette semaine".

"Lorsqu'il s'agit de l'Iran, automatiquement le marché s'interroge sur ce qu'il pourrait se passer ou non dans le détroit d'Ormuz", rappelle l'analyste.

Près de 20% du pétrole mondial transite par ce passage étroit, ceinturé par l'Iran, les Emirats Arabes Unis et Oman.

Pour les analystes de Brown Brothers Harriman, un blocage du détroit est assez improbable.

"L'Iran dépend fortement de cette voie de passage pour ses propres exportations", toute perturbation venant "paralyser davantage sa propre économie", soulignent-ils.

Parmi les autres hypothèses prises en compte par le marché, il y a le fait que "les Etats-Unis bloquent pendant un certain temps les exportations iraniennes" de brut, assure M. Kilduff.

Pour Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, un tel embargo ferait bondir les cours du pétrole, qui pourraient retrouver rapidement les niveaux atteints pendant la guerre Iran-Israël de 12 jours en juin dernier, entre 80 et 85 dollars.

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