- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le ministère de la Transition écologique s'oppose à la relance de projets d'énergies fossiles en outre-mer examinée fin janvier au Sénat, affirmant vendredi à l'AFP que cela représenterait "un recul des engagements de la France".
"Ce serait un recul écologique et de tous les engagements de la France", a indiqué le cabinet de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, interrogé par l'AFP.
A l'initiative du groupe macroniste (RDPI), constitué de nombreux sénateurs ultramarins, une proposition de loi visant "à lever, dans les territoires d'Outre-mer, l'interdiction de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures" arrive au Sénat le 29 janvier.
Interrogé par l'AFP, le cabinet du ministre de l'Economie s'est lui aussi dit "défavorable" à ce projet vendredi.
Au cours d'une rencontre lundi, la ministre de la Transition écologique et celle des Outre-mer, Naïma Moutchou, se sont opposées sur cette question, selon des informations du média Politico, confirmées à l'AFP par le cabinet de Mme Barbut.
Le développement économique notamment de la Guyane, défendu par les partisans des projets d'énergies fossiles, doit bien être encouragé mais grâce au développement d'autres filières, à l'instar de la pêche et des forêts, avance le ministère.
"Je comprends les Guyanais, qui ont des ressources sur leur sol et voient tous les pays voisins se développer grâce à elles", a indiqué à l'AFP François Patriat, chef du groupe RDPI au Sénat, à l'origine de la proposition de loi, évoquant les "grandes difficultés" de ce territoire.
Pour autant, "je pressens que le gouvernement donnera un avis défavorable à ce texte", a-t-il ajouté, alors que l'exécutif doit s'exprimer bientôt sur le sujet.
Interrogé sur un éventuel départ de la ministre en cas de soutien du gouvernement au projet, le cabinet de Mme Barbut affirme que la ministre "se poserait de vraies questions".
La loi "Hulot" en 2017 a mis fin à la recherche et à l'exploitation des hydrocarbures en France, avec quelques dérogations pour les entreprises qui avaient déjà des concessions en vigueur.
Plusieurs ONG environnementales ont fait part aux sénateurs de leur opposition à la proposition de loi, y voyant "une promesse trompeuse et irresponsable", dans un communiqué publié jeudi à l'occasion de leur audition au Sénat.
L'an dernier, le ministre des Outre-mer Manuel Valls avait dit vouloir "ouvrir le débat" sur l'interdiction de l'exploitation des hydrocarbures en France, suscitant l'opposition de ses collègues de l'Environnement, Agnès Pannier-Runacher, et de l'Energie, Marc Ferracci.