Le pétrole en hausse après des frappes contre des infrastructures iraniennes

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Le cours du baril de pétrole américain WTI grimpe nettement mardi, affichant une hausse de près de 3% après des informations faisant état de frappes contre des infrastructures clés, notamment contre l'île de Kharg dans le Golfe, point névralgique de l'industrie du pétrole iranienne.

Après avoir hésité plus tôt dans la séance, suspendu à un ultimatum de Trump contre l'Iran qui expire mardi soir, le prix du baril de West Texas Intermediate, référence américaine, pour livraison en mai, grimpait de 2,81% vers 12H50 GMT, à 114,71 dollars. Il a même progressé brièvement de plus de 3%.

Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, gagnait quant à lui 1,06% à 110,93 dollars.

Des ponts et une autoroute ont été frappés mardi en Iran, selon les autorités locales, Israël et les Etats-Unis semblant mettre à exécution leur menace d'attaquer les infrastructures civiles sans attendre l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump pour rouvrir le détroit d'Ormuz.

Des frappes ont été menées contre l'île de Kharg, a rapporté également l'agence de presse iranienne Mehr, des médias américains affirmant de leur côté que Washington avait frappé uniquement des cibles militaires.

Plus tôt en séance, les cours avaient oscillé entre hausse et baisse, à des niveaux déjà très élevés, les marchés attendant de voir si Donald Trump mettrait à exécution ses menaces de détruire des infrastructures essentielles en Iran.

"Le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit", a lancé Donald Trump lundi, après avoir repoussé son ultimatum à mardi 20H00, heure de Washington (00H00 GMT mercredi).

Le détroit d'Ormuz, par où transitent habituellement quelque 20% du brut, reste fortement perturbé.

L'Iran orchestre la quasi-paralysie de ce passage entre le Golfe et le golfe d'Oman pour faire pression sur les Etats-Unis avec un trafic réduit d'environ 90% à 95% par rapport à avant la guerre.

L'ambassadeur iranien au Koweït a exhorté mardi les Etats du Golfe à tout faire pour éviter "une tragédie", à quelques heures de l'expiration de l'ultimatum.

"Nous ne nous attendons pas à ce qu'un accord soit conclu avant cette nouvelle échéance", estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, prévoyant un marché "extrêmement nerveux".

Il souligne que la prime de risque géopolitique qui gonfle le prix du baril se transforme progressivement en "prime physique" alors que "des pénuries ou des tensions sur les produits pétroliers sont déjà observées dans plusieurs régions du monde, en particulier en Asie du Sud-Est".

En cas d'attaques contre des infrastructures énergétiques de l'Iran, et de répliques éventuelles de Téhéran contre celles du Golfe, la crainte principale serait de passer d'une crise liée à un blocage du trafic maritime à une crise durable liée aux dégâts sur les capacités de production d'or noir.

Cela provoque des inquiétudes sur le reste de l'économie car "le pétrole est devenu le principal canal de transmission du risque sur les marchés en général", avec des répercussions sur les actions, sur les obligations, et même sur l'or, explique Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Ajouter un commentaire