- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole ont progressé mardi, mis sous tension par les nombreuses incertitudes entourant de possibles nouvelles discussions entre Washington et Téhéran, alors que la trêve entre les deux pays menace d'expirer.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, a gagné 3,14% à 98,48 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, dont c'est le dernier jour de cotation, a pris 2,81% à 92,13 dollars.
"L'espoir que le cessez-le-feu soit prolongé s'amenuise rapidement, d'heure en heure", relève auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital.
"Il semble évident que nous allons revenir à la case départ en ce qui concerne les hostilités", ajoute l'analyste.
Aucune délégation n'a été confirmée comme arrivée au Pakistan, où sont prévus les pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran.
Les parties s'écharpent aussi sur la durée du cessez-le-feu en cours: celui-ci expire à minuit GMT pour les Iraniens, tandis que Donald Trump a affirmé qu'il prendra fin un jour plus tard.
Le marché estime toutefois que le président américain "semble fortement motivé à conclure un accord avec l'Iran. La guerre et les prix élevés de l'essence sont très impopulaires auprès des électeurs américains", explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Et puis, "ce marché a été si durement ébranlé par les diverses déclarations du président, qu'il est difficile de s'y lancer et d'acheter ou de vendre quoi que ce soit avec conviction", assure John Kilduff.
De quoi expliquer la variation modérée du jour, selon lui.
"Mais je dois vous dire qu'à mon avis, les prix vont très rapidement bondir s'il n'y a pas de véritable solution en vue pour le détroit" d'Ormuz, voie cruciale pour les exportations de pétrole et gaz naturel liquéfié du Golfe qui reste encore paralysée, anticipe-t-il.
Si la guerre reprenait, le potentiel de hausse des prix serait très important, notamment car "l'Iran dispose encore d'une marge d'escalade", abonde Arne Lohmann Rasmussen.
Les pays ont puisé dans leurs réserves pétrolières pour faire face à la crise ce qui réduit leurs futures marges de manoeuvre, et Téhéran pourrait décider d'attaquer de nouvelles infrastructures énergétiques, amputant un peu plus la production mondiale.