Le pétrole hésite, suspendu à davantage de nouvelles sur la guerre au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole hésitent mardi, les investisseurs restant circonspects quant à une accalmie sur le front de la guerre au Moyen-Orient, après de nouvelles déclarations de Donald Trump.

Vers 14H40 GMT (16H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai progresse de 5,43% à 118,90 dollars, car les investisseurs privilégient ce contrat, qui fait encore référence pour une journée, et propose un accès plus rapide au brut.

En comparaison, le Brent pour livraison en juin, contrat de référence à partir de mercredi mais déjà privilégié par beaucoup d'acteurs du marché et dont les volumes d'échanges sont plus importants, stagnait (-0,02%) à 107,37 dollars.

"Les investisseurs se précipitent pour acheter les derniers contrats disponibles" en mai, explique à l'AFP Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB, qui souligne le caractère exceptionnel de cette "énorme" différence entre les prix de ces deux contrats.

L'analyste prévoit cependant que la "panique se propage" aux contrats de l'été.

Selon lui, "le marché est en train de franchir un cap", alors que la guerre entre dans son deuxième mois, et que les réserves jusqu'ici suffisantes vont peut-être devoir être rationalisées.

Ravivant les inquiétudes du marché, Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend du détroit d'Ormuz.

Pour sa part, la référence américaine du brut, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, grappillait 0,26%, à 103,15 dollars.

Si "les États-Unis sont globalement moins touchés" que l'Europe, qui importe davantage de produits du Golfe, "la souffrance se fera également sentir sur le marché américain, ce n'est qu'une question de temps", estime cependant M. Hvalbye.

Le prix de l'essence a d'ailleurs atteint plus de 4 dollars le gallon aux Etats-Unis, a annoncé mardi l'American Automobile Association (AAA), son plus haut niveau depuis près de quatre ans.

En début de séance pourtant, des informations de presse avaient rassuré les marchés, après que le président américain a menacé la veille d'"anéantir" les centrales électriques iraniennes, les puits de pétrole, et l'île de Kharg, point névralgique de l'industrie pétrolière de Téhéran.

Selon le Wall Street Journal, Donald Trump aurait en effet indiqué à ses conseillers qu'il était prêt à interrompre sa campagne militaire, et voudrait tenter d'obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage du stratégique détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

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