- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole hésitent mardi, oscillant entre hausse et baisse à des niveaux déjà très élevés, les marchés attendant de voir si Donald Trump mettra à exécution ses menaces de détruire des infrastructures essentielles en Iran.
Vers 09H30 GMT (11H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, perdait 1,46% à 108,17 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, cédait 0,56% à 111,78 dollars.
"Le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit", a lancé Donald Trump lundi, après avoir repoussé son ultimatum à mardi 20H00, heure de Washington (00H00 GMT mercredi).
Il s'est dit prêt à frapper les centrales énergétiques et les ponts iraniens si la République islamique ne débloque pas le détroit d'Ormuz.
Cette voie maritime, par où transitent habituellement quelque 20% du brut, reste fortement perturbée.
L'Iran orchestre la quasi-paralysie de ce passage entre le Golfe et le golfe d'Oman pour faire pression sur les Etats-Unis avec un trafic réduit d'environ 90% à 95% par rapport à avant la guerre.
L'ambassadeur iranien au Koweït a exhorté mardi les Etats du Golfe à tout faire pour éviter "une tragédie", à quelques heures de l'expiration de l'ultimatum.
"Nous ne nous attendons pas à ce qu'un accord soit conclu avant cette nouvelle échéance", estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, prévoyant un marché "extrêmement nerveux".
Il souligne que la prime de risque géopolitique qui gonfle le prix du baril se transforme progressivement en "prime physique" alors que "des pénuries ou des tensions sur les produits pétroliers sont déjà observées dans plusieurs régions du monde, en particulier en Asie du Sud-Est".
En cas d'attaques contre des infrastructures énergétiques de l'Iran, et de répliques éventuelles de Téhéran contre celles du Golfe, la crainte principale serait de passer d'une crise liée à un blocage du trafic maritime à une crise durable liée aux dégâts sur les capacités de production d'or noir.
Cela provoque des inquiétudes sur le reste de l'économie car "le pétrole est devenu le principal canal de transmission du risque sur les marchés en général", avec des répercussions sur les actions, sur les obligations, et même sur l'or, explique Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.