Le Royaume-Uni assouplit les sanctions sur les importations de diesel et de kérosène issus du brut russe

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Royaume-Uni a annoncé un assouplissement de ses sanctions en réautorisant mercredi les importations de diesel et de kérosène raffinés à partir de pétrole russe dans des pays tiers, pour contrer l'envolée des prix des hydrocarbures due à la guerre au Moyen-Orient.

Une autorisation « pour une durée indéterminée »

Londres emboîte le pas aux États-Unis, qui avaient annoncé lundi soir une prolongation de 30 jours de leur propre dérogation autorisant l'achat de pétrole russe stocké en mer. A l'inverse, l'Union européenne a estimé mardi qu'il n'était pas opportun d'assouplir la pression exercée sur la Russie.

La dérogation britannique, qui prend effet ce mercredi, a été publiée mardi soir sur le site officiel du gouvernement. Elle autorise les importations de diesel et de kérosène raffinés à partir de pétrole russe dans des pays tiers "pour une durée indéterminée". Certaines sanctions visant le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe ont également été levées.

"Le gouvernement a annoncé hier (mardi) ce changement temporaire des règles concernant le pétrole et le raffinage, en raison de l'impact extrême du conflit en Iran, et de l'impact que cela a en se répercutant jusqu'à nos côtes", a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat au Trésor, Dan Tomlinson, sur Sky News.

Limiter la capacité russe de financer la guerre

Mises en place après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, les sanctions britanniques interdisaient l'importation de diesel et de kérosène produits dans des pays tiers à partir de pétrole brut russe. Objectif : tarir les revenus pétroliers du Kremlin pour limiter sa capacité de financer la guerre en Ukraine.

"Après 18 mois passés à tenir tête à Poutine, le gouvernement travailliste a discrètement délivré une licence autorisant l'importation de pétrole russe raffiné dans des pays tiers", a tancé la cheffe de l'opposition conservatrice britannique Kemi Badenoch sur X.

Le blocage du détroit d'Ormuz ainsi que les attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques du Golfe, causés par la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran depuis le 28 février, provoquent une flambée des prix de l'énergie, menaçant l'économie mondiale.

Mercredi matin, le baril de pétrole Brent s'échangeait autour de 110 dollars, près de ses récents sommets, reflétant les inquiétudes concernant les perturbations des flux transitant par le détroit.