Les aires marines protégées françaises doivent être améliorées, dénoncent des ONG

  • AFP
  • parue le

Complexité administrative, retard dans l'adoption des textes, protection pas assez stricte: deux associations estiment vendredi que la France doit améliorer sa politique concernant les aires marines protégées, alors que vient de s'ouvrir le congrès international sur ces aires (Impac5) au Canada.

Divers niveaux de protection existent pour les aires marines au niveau mondial, chaque pays ayant adopté ses propres législations, qui n'interdisent généralement pas toute activité humaine, mais peuvent restreindre par exemple la pêche ou le tourisme de manière plus ou moins forte.

Avec sa stratégie nationale 2020-2030 pour les aires protégées, la France, qui possède le 2e domaine maritime mondial, s'est engagée à protéger, d'ici à 2030, au moins 30% des espaces terrestres et marins, dont un tiers sous protection forte, soit 10%.

Or, à ce jour, "environ 4% des eaux françaises sont aujourd'hui fortement protégées", note vendredi dans un communiqué le comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Et dans certains DOM-TOM, c'est souvent encore moins, note l'ONG. Ainsi, seul 0,01% du sous-bassin maritime de Saint Pierre-et-Miquelon, 0,66% de celui de la Guyane française et 1,52% en Guadeloupe sont protégés.

En cause, selon l'UICN, un retard dans l'adoption des textes devant servir de cadres à la mise en place de ces protections. Ainsi, seul un document stratégique (celui du bassin maritime des Antilles) sur les 3 prévus pour les territoires de la façade Atlantique a été adopté, les autres étant encore en discussions quatre ans après le début des négociations.

"Il est donc essentiel de faire aboutir l'adoption de (ces) documents (...) en veillant à ce qu'ils soient dotés d'objectifs précis et hiérarchisés, ainsi que de plans d'action visant notamment la mise en oeuvre des zones de protection forte", souligne l'UICN.

Du côté de Bloom, le constat est encore plus sévère: l'association, qui a analysé les 451 aires marines protégées (AMP) dans l'Hexagone et les 721 dans l'ensemble des eaux françaises, dénonce un véritable "mille-feuilles administratif", avec pas moins de 18 catégories différentes d'AMP (parcs naturels marins, réserves naturelles, zones Natura 2000, sites Unesco, etc), "alors que les chercheurs n'en préconisent que quatre pour viser l'efficacité et la clarté".

Et aucune d'entre elles "ne répond aux critères internationaux de définition des AMP", selon l'association.

Bloom a lancé en octobre un recours devant le Conseil d'Etat pour attaquer le décret du 13 avril 2022 définissant les AMP et les "zones de protection forte", accusant le gouvernement d'"imposture écologique" faute d'avoir formellement interdit toute activité humaine dans certaines de ces zones.

Les AMP "+à la française+ sont donc de véritables coquilles vides pilotées par les pêcheurs" et "autorisant pleinement, de ce fait, les activités industrielles au sein de leur périmètre", dénonce vendredi l'association, qui demande une "reprise en main volontaire au plus haut niveau de l'Etat".

dep/uh/jg

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